CHAPITRE ONZIÈME. 1S85— i2H. i
relevait que de i'abbë de Fëcamp. Ce fut là que les parens et les amis du défunt le portèrent et le firent inhumer, malgré Texcommuntcation lancée par le chapitre. La cérémonie était terminée « lorsque le vicomte de Rouen transmit aux chanoines une lettre de Philippe-le-Bel , conçue en ces termes : « Philippe , par la grâce de Dieu , roi de France , à ses amés les doyen et chapitre de Rouen , salut et dilection. On nous a donné à entendre que vous avez excommunié et fait excommunier, parl'ofHcial de £oucn,feu JeanNaguet, jadismaire decette ville, parce qu'en son nom et au nom de la commune de R^onen, il avait pris de son vivant une décision ^Otitre vous et votre église ; et que , par suite de ^^tte excommunication, on s'oppose à son inhuma- *^on. Nous vous requérons de l'absoudre, d'après '^ forme canonique, de l'excommunication que ^Ous avez portée contre lui, et de permettre qu'il ^oit aussi absous par l'official , de telle sorte que ^^n corps puisse recevoir la sépulture ecclésiastique. En quoi faisant , vous nous serez agréables. ^^ionné à Paris, le mercredi après la mi-careme'.» Comme la question était résolue quand la lettre ^u roi annva, la réponse du chapitre se borna à ^^dater les faits : « A sage et honorable personne , *^ vicomte de Rouen, les doyen et chapitre de Rouen,
• Voyez le texte, aux Pièces justificatives.
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salut clans le Seigneur ; Nous arons ouvert la lettre close que vous nous avez présenlëe de la part du seigneur roi. Désirant vivement lui complaire, nous répondrons qu'on a faussement donné à entendre au seigneur roi que nous avions fait excommunier Jean Naguet, ancien maire de Rouen, par l'ofBcial de cette ville; nous l'avons, de son vivant, soumis à l'anathème , cauoniquement , en vertu de l'autorité apostolique, et nous avons offert à vous-même et aux autres qui nous parlaient pour lui, de l'absoudre d'après la forme ecclésiastique , et nous vous l'offrons encore dans cet écrit. Mais ses amis, avant même qu'on eût reçu la lettre du roi , méprisant l'excommunication qui pesait sur lui , lui avaient donné la sépulture dans l'église Saint-Gervais, de fait seulement, car ils ne le pouvaient de droit. Donné sous le sceau du doyen de Rouen , l'an du Seigneur i ago ( 1 29 1), le jeudi après le dimanche de Lœtare Jérusalem ^ . » Le nouveau maire et les pairs persistèrent énergiquement dans la défense de leurs droits , et conservèrent toutes les conquêtes que la commune avait faites sur le chapitre, entre autres la juridiction de la rue Notre-Dame. Ils trouvèrent toujours les officiers royaux disposés à les seconder dans la
' Voyez le texte, aux Pièces justificatives.