‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 107 sur 188 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

se conformant à la teneur de leur privilège , ont plusieurs fois prié le maire ai^ec politesse % et par eux-mêmes et par d'autres qu'ils en ont chargés , de rendre les prisonniers et leurs biens ; ils lui ont adressé les monitoires convenables à ce sujet, mais il n'en a rien fait , cherchant des subterfuges et des délais, pendant que durait toujours le fait notoire et constaté de la violation des privilèges. En conséquence, voulant mettre un terme à ces désordres, nous vous enjoignons strictement, au nom de l'obéissance que vous nous devez, de vous transporter près du maire et des pairs de la ville, et de les avertir de rechef et d'abondance, en même temps que les sergents du maire , de rendre les prisonniers et leurs biens, et de se soumettre à l'amende convenable pour de si grands excès. S'ils n'obéissent pas , nous excommunions le maire Jean Naguet , Robert et Jacques du Châtel , Thomas Naguet, Nicolas Naguet l'aîné, Guillaume des £ssarts, Jean le Loquetier, Jean desCambes, Vincent Michel, Raoul Campion, Robert I^ Lieur, Vincent Le Sueur, Guillaume de Saint-Léonard, Ënguerrand de Ferrières , Jean de Cabour, Guillaume LeFéron, Jean Filleul, Robert T^ Balanchier, Nicolas de la Commune , Nicolas de Carville , Jean de Bondeville et Mathieu du Val-Richer, pairs;

* « De urbanitatc. )>

ainsi que Richard Le Catelet, Pierre Le Mercier , Drocon , Marc et Julien , sergents du maire. Nous vous enjoignons d'annoncer publiquement l'excommunication, et de ne pas cesser la publication, jusqu'à ce qu'ils aient fait satisfaction convenable, et que vous ayez reçu de nous d'autres ordres '. » Le maire et les pairs ne cédèrent pas , et l'anathème fut lancé contre eux. Les événemens se compliquèrent encore par la mort du maire Jean Naguet , qui succomba pendant la durée de sa magistrature, et lorsqu'il était sous le poids de l'excommunication. IjC chapitre défendit de lui donner la sépulture ecclésiastique, et le cadavre du maire de Rouen allait être traité comme celui d'un juif ou d'un païen. Le bailli et le vicomte intervinrent, mais le chapitre mettait à l'absolution des conditions que la commune ne voulait pas accepter. Les magistrats royaux envoyèrent, en toute hâte, un exprès à PhiHppe-le-Bel , pour que son autorité fît fléchir le chapitre; mais les amis et les parens de Jean Naguet eurent recours à un moyen plus prompt. Il y avait alors à Rouen plusieurs églises qui ne dépendaient pas du chapitre , et l'interdit jeté par les chanoines ne pouvait les atteindre. De ce nombre était l'église de Saint-Gervais , qui ne

* Archives départementales; voyez le texte, aux Pièces justificatives .

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