‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 110 sur 188 · CHAPITRE DOUZIÈME. 1291—1514. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME. 1291—1514. i

de I 391 ^. Mais c'était surtout à l'occasion des impôts que les bourgeois murmuraient contre la tyrannie royale. Indépendamment de la taille ou impôt direct, qu'on était forcé de subir depuis i xS6 , Philippe-le-Bel levait une aide sur les denrées, et principalement sur le sel. C'était le peuple qui souffrait le plus de cette contribution , qu'il avait flétrie du nom de Maltôte. Les exactions redoublaient, lorsque les maîtres des comptes de Philippele-Bel arrivaient à Rouen , pour examiner les registres du receveur, et presser la rentrée de l'impôt. En 129^9 la fureur populaire ne connut plus de bornes; la populace s'insurgea, força la maison du receveur , et pilla sa caisse , dont les deniers furent dispersés sur la place publique ^. Les maîtres des comptes n'étaient plus en sûreté dans la ville; ils se réfugièrent au château , mais le peuple les y poursuivit, et, malgré les hautes murailles et les tours formidables qui protégeaient la citadelle , tenta de s'en emparer. Le maire et les riches bourgeois, qui prévoyaient les conséquences de l'insurrection ,

■ Voyez cet arrêt, aux Pièces jastiflcatives.

' « Apud Rothomagum proptcr exactiones quas Dominant malam toltam , de quibus populus grayabatur, contra magistros scacarii , régis Franciœ ministros , minor populas insurrexit , et domum collectons pecunisBinfringentes ac denarios collectos per plateas dispergentes. ...» Guill. ?îang. , ap. Script, rer. franc. , XX, 575.

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rassemblèrent les forces dont ils pouvaient disposer , et vinrent au secours des magistrats royaux. La multitude confuse, qui assiégeait le château, fut aisément vaincue, et un grand nombre de prisonniers subirent le dernier supplice ; d'autres, traînés hors de Rouen, furent enfermés dans les prisons royales '. La vengeance de Philippe-le-Bel ne s'arrêta pas à ces actes de sévérité. La révolte de Rouen lui fournissait une excellente occasion pour assouvir sa passion dominante, celle de l'argent : abolition de la commune , impôts exorbitans, confiscation de droits lucratifs , puis rétablissement de la commune vendu aux bourgeois, telles furent, pour Philippe, les conséquences de l'émeute populaire de 1292.

Il commença par mettre sous sa main la commune de Rouen * , c'est-à-dire qu'il en confisqua tous les droits, et suspendit même, pendant deux ans, l'administration communale^. En 1293, il fit rendre, par le Parlement de Paris, un arrêt qui, tout en promettant le rétablissement de la com-

' « In urbis castello magistros scacarii obsederunt , sed post modùm per majorem et urbis ditiores homines quàm plarimi suspenduntur, et multi per régis Franciae diverses carceres manci« pantur.)) Idem, ibidem,

' <i Nos commuDiam Rothomageasem et ipsius communi» statum et jura ad manum nostram posueramus.» Ordonn. des rois de France, XI, 420. ( ArchlTes municipales, 178, 1. )

^ Archives municipales , reg. -, f° 10 verso.

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