SUR LA FAMINE DE
|fat le frère ^nUlmmt ft lùxtfAUxp'bn (omtiB^ te SSainU-€atïitximrliih%ùmn <•
En Tan thil trois ehens et qoatre, Ne faîsoit pas moiiU boa esbatre ^ A gens qui n'avoyent denyers^ Quer' les bleds estoient s'y chiers.
Que la mine de bon fourment Valoit quatre livres d^argent ; La mine de mesteil ? sexante^ ^ Et la mine de pois chinquante ; Les fèves trop bien se vendaient,
' Cette pièce de vers se trouve dans le Chronicon triplex e^ nnum, P 193 ; nous avons déjà souvent cité ce manuscrit de \mbibliothèque publique de Rouen. Les vers français sont placés à la suite d'une chronique des abbés de Sainte-Catherine, en vers latins, composée par le même moine Guillaume Le Forestier.
^ Car.
^ Blé mêlé de seigle.
^ Il ne peut être question que de soixante sous , puisque ce bJe*^ <'st de qualité inférieure à celui qu'on vendait quatre livres.
VERS FRANÇAIS SUA U FAMINE DE 1504. 50tt
Autant coflnlie les pois vâloient , Orge valoit qutrtnle et six , Et Tavene Moit à cher ■ prix.
La veehe estoit moult cher teoue ; Comme bon blé estoit vendue.
Trois oes * valoient deux toumoys, Et un harenc en valoit trois.
Une langue de bœuf valoit Douze deniers, et un pied, soit De bœuf, porcs '. ........
Vin estoit chier à grand merveille , Quand vin franchois ou de CormeillQ Valoit deus sols et un de lan^.
Tant le vendoit-on à Rouen ; En France et par tout Veuquessin ^ , Vendoit-on le galon de vin , Trois sols parisis aus mains ^, Pourtant quil fût bon et sains.
Il convenoit , pour nn cheval Ferer, donner au marescha!
Chine solz de tournois tous entiers.
Pour chacun pied douze deniers.
Qui eust une robe à faire.
Pour mouillier? la et pour repaire >,
* On peut lire aussi à chel prix, pour à ce prix, » OEufs.
3 Ce vers n'est pas terminé dans le manuscrit.
4 J'ai copié textuellement ces mots, qui me paraissent peu in* telligibies.
^ Forme ancienne du mot Vexin.
^ Au moins.
7 Laver.
* Réparer.
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am TBts FtàJiçà»/.-:'-"- -. ' -^'i ' '
Pour eoDitre* k et ppor tafllMrv Paie dix solz^eMutièr. ^^ Toatettoiteètf gmddMrté; • Qae qui tti dMt mérité ) «^ On luy âiroitqaMla'aieotist^llau noiitne seigneor JlBem-eiirisC, ' Par sa grand ddfoniwreté^ A fait venir dee Mèm |4âa^ ».
Or sy gard ciiiMMniv**î^'^^>^<» '" Qa*il n'en fasse poBrtant <mIUi^.
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lmiiiédiateim6t «près icetlè pièsè, doittle style a peoiêtre été rajeuni par lé copiste da xW stèôle , tont tranacrits les quatre yers Jatins ^aivans :
Frater Guillblmos FonasTin pos^iii^ .dieto», WandregIsîUi witos de jitrtilNif alnis ^ . Abbatom lacU iftriKQqavit ît4; rv . . , • Cum sanctis aninu su» cœlis sit comîtata.
Ce passage nous réyèle un poète normand resté in* connu jusqu'ici , quoiqu'il eût pris la précaution de se nommer souvent dans ses œuvres. H s'était déjà cité dans
' Coudre.
* La véracité de Pauteur nous est attestée par d'autres témoignages. On Ut , dans la Chronique de Rouen , le passage suivant: n Hoc anno summa bladi valebat octo libris et octo solidis , et melior decem libris. Archiepiscopus Guillermus , quotidiè erogavit in pane et argento usquè ad trecentas libras, et multô plus volebat erogare, sed gentes ejus nullatenùs permittebant. » Chronicon Rothom,, ap. Labbe , Nova Biblioth, mscr., l, p. 383.
^ Abondance.
SUR LA FAMfffB DE 4304. WT
la Biographie da xiu* abbé de Ste-CaUierine , Jean de Chante-Pie. Ce morceau comnience ainsi :
Quaodù Forestmrius WiUelmus, qui fuit ortus
El veiiU Sancti de villa Wnidregisilli,
Hune librum fecit, descripsit, versiÛcavit,
De Cantu-PicaB Joannes erat Katerin»
Abbas trcdecimus tune sancts; nos benè seimucr.
( Ckronic. triplex et unum^ f» 17a. )
Ce frère Le Forestier est sou vent d*une grande hardiesse dans les jugemons qu'il porte sur les abbés de*8on monastère. En parlant du x"*" abbé , il le qualifle de dur et cruel * ; mais c'est surtout Jean de Chante-Pie qui est attaqué dans ses vers. H lui reproche d'avoir vendu les bois de Grouchy , et il se permet k ce s^jet une plaisanterie qui montre toute la grossièreté de Tépoque : t7 fui maudi, dit le facétieux moine, par les pourceaux qui s'engraissaient dans ces forêts '. EnOn , il accuse Tabbé d'avoir ruiné le monastère ; « toute sa sagesse, dit-il, consistaitàen dévaster les biens ^. » Notre poète vivait encore
' « Atrox , crudelis fuit hic » Chron, triplex et unum ,
f* 170 verso.
^ • Dùm fuit hic abbas Joannes , tàm cité sylvas Mostras de Grouchy commisit vendîtioni ; Tnrbavit valdè conventuin venditionc; Hic fuit à suibus et porcellis maledictus ; Fnictibus ex horuni poterant per quemlibet annum Sexdecies porci vcl plus fleri benè crassl. » Ibidem.
' « Jura domus dextra sua perdidit intùs et extra; Devastare bona fuit huic sapientia prona. » Ibidem.
Ces passages ne prouvent pas seulement la hardiesse du poète; ils attestent encore la grossièreté de son style , son ignorance en