‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 163 sur 188 · SUR LA FAMINE DE · texte numérisé non relu

SUR LA FAMINE DE

|fat le frère ^nUlmmt ft lùxtfAUxp'bn (omtiB^ te SSainU-€atïitximrliih%ùmn <•

En Tan thil trois ehens et qoatre, Ne faîsoit pas moiiU boa esbatre ^ A gens qui n'avoyent denyers^ Quer' les bleds estoient s'y chiers.

Que la mine de bon fourment Valoit quatre livres d^argent ; La mine de mesteil ? sexante^ ^ Et la mine de pois chinquante ; Les fèves trop bien se vendaient,

' Cette pièce de vers se trouve dans le Chronicon triplex e^ nnum, P 193 ; nous avons déjà souvent cité ce manuscrit de \mbibliothèque publique de Rouen. Les vers français sont placés à la suite d'une chronique des abbés de Sainte-Catherine, en vers latins, composée par le même moine Guillaume Le Forestier.

^ Car.

^ Blé mêlé de seigle.

^ Il ne peut être question que de soixante sous , puisque ce bJe*^ <'st de qualité inférieure à celui qu'on vendait quatre livres.

VERS FRANÇAIS SUA U FAMINE DE 1504. 50tt

Autant coflnlie les pois vâloient , Orge valoit qutrtnle et six , Et Tavene Moit à cher ■ prix.

La veehe estoit moult cher teoue ; Comme bon blé estoit vendue.

Trois oes * valoient deux toumoys, Et un harenc en valoit trois.

Une langue de bœuf valoit Douze deniers, et un pied, soit De bœuf, porcs '. ........

Vin estoit chier à grand merveille , Quand vin franchois ou de CormeillQ Valoit deus sols et un de lan^.

Tant le vendoit-on à Rouen ; En France et par tout Veuquessin ^ , Vendoit-on le galon de vin , Trois sols parisis aus mains ^, Pourtant quil fût bon et sains.

Il convenoit , pour nn cheval Ferer, donner au marescha!

Chine solz de tournois tous entiers.

Pour chacun pied douze deniers.

Qui eust une robe à faire.

Pour mouillier? la et pour repaire >,

* On peut lire aussi à chel prix, pour à ce prix, » OEufs.

3 Ce vers n'est pas terminé dans le manuscrit.

4 J'ai copié textuellement ces mots, qui me paraissent peu in* telligibies.

^ Forme ancienne du mot Vexin.

^ Au moins.

7 Laver.

* Réparer.

il)

am TBts FtàJiçà»/.-:'-"- -. ' -^'i ' '

Pour eoDitre* k et ppor tafllMrv Paie dix solz^eMutièr. ^^ Toatettoiteètf gmddMrté; • Qae qui tti dMt mérité ) «^ On luy âiroitqaMla'aieotist^llau noiitne seigneor JlBem-eiirisC, ' Par sa grand ddfoniwreté^ A fait venir dee Mèm |4âa^ ».

Or sy gard ciiiMMniv**î^'^^>^<» '" Qa*il n'en fasse poBrtant <mIUi^.

ii'-l'.,.'« '^ » 11' - il-'

lmiiiédiateim6t «près icetlè pièsè, doittle style a peoiêtre été rajeuni par lé copiste da xW stèôle , tont tranacrits les quatre yers Jatins ^aivans :

Frater Guillblmos FonasTin pos^iii^ .dieto», WandregIsîUi witos de jitrtilNif alnis ^ . Abbatom lacU iftriKQqavit ît4; rv . . , • Cum sanctis aninu su» cœlis sit comîtata.

Ce passage nous réyèle un poète normand resté in* connu jusqu'ici , quoiqu'il eût pris la précaution de se nommer souvent dans ses œuvres. H s'était déjà cité dans

' Coudre.

* La véracité de Pauteur nous est attestée par d'autres témoignages. On Ut , dans la Chronique de Rouen , le passage suivant: n Hoc anno summa bladi valebat octo libris et octo solidis , et melior decem libris. Archiepiscopus Guillermus , quotidiè erogavit in pane et argento usquè ad trecentas libras, et multô plus volebat erogare, sed gentes ejus nullatenùs permittebant. » Chronicon Rothom,, ap. Labbe , Nova Biblioth, mscr., l, p. 383.

^ Abondance.

SUR LA FAMfffB DE 4304. WT

la Biographie da xiu* abbé de Ste-CaUierine , Jean de Chante-Pie. Ce morceau comnience ainsi :

Quaodù Forestmrius WiUelmus, qui fuit ortus

El veiiU Sancti de villa Wnidregisilli,

Hune librum fecit, descripsit, versiÛcavit,

De Cantu-PicaB Joannes erat Katerin»

Abbas trcdecimus tune sancts; nos benè seimucr.

( Ckronic. triplex et unum^ f» 17a. )

Ce frère Le Forestier est sou vent d*une grande hardiesse dans les jugemons qu'il porte sur les abbés de*8on monastère. En parlant du x"*" abbé , il le qualifle de dur et cruel * ; mais c'est surtout Jean de Chante-Pie qui est attaqué dans ses vers. H lui reproche d'avoir vendu les bois de Grouchy , et il se permet k ce s^jet une plaisanterie qui montre toute la grossièreté de Tépoque : t7 fui maudi, dit le facétieux moine, par les pourceaux qui s'engraissaient dans ces forêts '. EnOn , il accuse Tabbé d'avoir ruiné le monastère ; « toute sa sagesse, dit-il, consistaitàen dévaster les biens ^. » Notre poète vivait encore

' « Atrox , crudelis fuit hic » Chron, triplex et unum ,

f* 170 verso.

^ • Dùm fuit hic abbas Joannes , tàm cité sylvas Mostras de Grouchy commisit vendîtioni ; Tnrbavit valdè conventuin venditionc; Hic fuit à suibus et porcellis maledictus ; Fnictibus ex horuni poterant per quemlibet annum Sexdecies porci vcl plus fleri benè crassl. » Ibidem.

' « Jura domus dextra sua perdidit intùs et extra; Devastare bona fuit huic sapientia prona. » Ibidem.

Ces passages ne prouvent pas seulement la hardiesse du poète; ils attestent encore la grossièreté de son style , son ignorance en

Page 1