‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 32 sur 188 · CHAPITRE SECOND. 11<M · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND. 11<M

signes d'allégresse , conçut le perfide projet de pro-* /iter de la sécurité des habitans pour s'emparer de leur ville. Il pressa le roi de France de saisir l*occasion et de châtier ces rebelles qui semblaient insulter à sa puissance. Louis VIT résista d'abord à une violation aussi flagrante de la foi jurée , mais il fiait par céder aux instances du comte et à l'espoir de la conquête. Tous les seigneurs reçurent l'ordre de faire armer leurs soldats sur le champ et dans le plus profond silence.

Il y avait, dès cette époque , à Rouen, un beffroi dont la tour dominait la ville; là était suspendue la Rebolj vieille cloche, dont le son éclatant donïiait le signal du couvre-feu, et, dans le danger, appelait le peuple aux armes'. En ce moment, plusieurs clercs examinaient la disposition du camp ^Qnemi du haut de la tour du befïroi. Frappés du 'Mouvement des assiégeans , qui déjà s'iivançaient ^^ï*s les murailles , ils sonnèrent la cloche d'alarme. ^ ce signal , les bourgeois courent aux remparts, ^éjàles ennemis les franchissaient et poussaient des ^ï*is de victoire ; la lutte s'engage sur les murs ^ême de la ville , et, après un combat acharné , les ^Ssiégeans sont repoussés.

Cependant , la nouvelle du danger que courait

* « Campana vetustissima , sed miré sonora . » ( Guili. Neubr. , ap. Script, rer, galL, Xlll ,115,117.)

la ville de Rouen s'était répandue jusqu-en Angleterre. Henri II termina heureusement la guerre que les mécontens avaient excitée dans cette contrée , et 9 ramenant prisonniers Guillaume, roi d'Ecosse, ainsi que les comtes de Leicester et de Chester, il s'embarqua à Portsmouth, et cingla versBarfleur'. De cette ville , il se rendit à Càen, où il laissa ses prisonniers, puis se dirigea en toute hâte vers Rouen, à la tête des troupes mercenaires connues sous le nom de Brabançons; il amenait aussi mille Gailois, montagnards célèbres par leur légèreté à la course et leur habitude de guerroyer au milieu des forets'. Quelque nombreuse que fût l'armée française, elle n'avait pu envelopper complètement la ville de Rouen. Le pont de pierre, que la reine Mathilde, mère de Henri II, avait jeté peu d'années auparavant sur la Seine, était resté libre. Ce fut par là que le roi fît pompeusement son entrée dans la ville , à la vue des ennemis qui ne pouvaient s'opposer à sa marche^. Ce fut alors aux assiégeans à trembler. Les Gallois commencèrent à battre la campagne , s'embusquèrent dans les bois qui , à cette

' Bened. Petrob., ap. Script, rer. gall., XHI , 160.

* « Hoc genus homiaum agile et sylvânim gnarum est.» (Guill. Neubring. , ibid., 117.)

^ a Rotomaguru in conspectu hostUira pompaticc ingrcssus est. » (GuiU. Neubring., ibid.)

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