CHAPITRE SECOND
nopole du commerce avec l'Irlande , la navigation exclusive de la Seine, l'exemption de tailles, d'aides et de corvées, la propriété pleine et entière de leurs biens; enfin , il déclarait que tous les plaids d'achats, de gages, de dettes ou d'héritages, auraient lieu dans Rouen, devant un tribunal composé de bourgeois ( légitimas homines civitatis^^ et présidé par le bailli.
Ainsi, la commune de Rouen prenait chaque jour jJus d'importance. Vers la fin du règne de Ueùri II, une aristocratie commerciale paraît déjà organisée; elle se composait des pairs ou principaux bourgeois, parmi lesquels on choisissait le maire et les conseillers ou échevins. Ces derniers composaient , avec le maire , le pouvoir exécutif de la cité ; ils assistaient à tous les contrats , et y apposaient le sceau de la commune. Des actes de 1177 nous font connaître le nom de Barthélémy Fergant , alors maire de Rouen , et d'un grand nombre de pairs ^ Dès cette époque , le chef de la commune joue un rôle important; son nom figure dans plusieui*s chartes, à côté de celui du chancelier et du justicier du roi^. Il apparaît entouré des principaux pairs de la ville , tels que Guillaume de
• Cartulaire de la cathédrale , f® 60, conservé parmi les mscr. de la Bibl. publique.
^ Ibid. , f» 108 verso et 100 rect».
Malpalu^ Guillaume de Bréauté, Gautier fils de Grout, Nicolas Groignet, Guillaume Cavalier^ Roger Dorgueil, Luce du Donjon , Guillaume Petit , Geoffroi du Val-Rirher, Hugues le Tuilier, Barthélémy Bataille y Richard fils de Benoît, Roger Baudry, Jean de Saint-Candc, Nicolas de Dieppe, Robert fils de Guy, Roger de Beaumont , Raoul de Cotevrat, Raoul de Cauville, Simon Nagnet, Jordan Joismare, Raoul de la Vigne, Manger de Saint-Lô, Guillaume et Robert de la Mare, Hugues et Geoffroi fils de vicomtesse, Clarembaud le Roux ', etc. Les noms de ces pairs, dont plusieurs ont cté maires de Rouen , nous ont paru dignes d'être recueillis par l'histoire. Ces hommes, en effet, fils d'artisans, ou artisans eux-mêmes, comme souvent leur nom l'atteste, s'étaient élevés à force d'énergie et de talent. De serfs, ils étaient devenus libres; maintenant ils administraient leur ville avec indépendance, et la féodalité, qui naguère les foulait aux pieds, était obligée de traiter avec eux comme avec une puissance égale ; elle ne pouvait plus disposer, sans leur consentement, d'un fief situé dans l'enceinte de la commune. Témoin ce qui se passa, en 1 188, pour le fief de Bernard de Saint- Valéry. Il était situé dans le parvis de la
' Cartulairc de la cathédrale, P' 00, 107, 108.