‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 35 sur 188 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

cathédrale. Cette enceinte réservée , qui ne relevait que de la juridiction des chanoines ^ excitait vivement la jalousie de la commune. La maison de Bernard, alors occupée par son frère, Gauthier de Saint-Valery , archidiacre de la Cathédrale , avait été dévorée par l'effroyable incendie qui consuma , à cette époque, une grande partie de la ville. Les bourgeois s'opposèrent, malgré les instances de Bernard de Saint-Valery, à ce qu'on rebâtît cette maison ; il fallut que le roi Henri II intervînt et prescrivît formellement au maire de respecter les droits féodaux de Bernard '. La commune céda; mais un profond ressentiment couva au fond des cœurs, et l'heure de la vengeance ne tarda pas à sonner.

Au-dessous de l'aristocratie commerciale, les corporations d'arts et métiers réunissaient les marchands moins riches et les simples ouvriers. Les mariniers de Rouen formaient une des plus im-

" Cartulaire de la Cathédrale , f 111 verso. — Bernard de St.- Valery s'adresse en ces termes à la commune : « Bernardus de Sancto-Walerico majorî et paribus et totî coramunise Bothomagcnsi saiutem et dilectioneni , etc. » — La lettre de Henri II est également adressée au maire et à la commune : « Heuricus , Dei gratift , rex Anglorum , dux Normanniae , Aquitauiae , et cornes AndegaTJse , majori et communiae de Botbomago saiutem : prœclpio Tobis quôd permittatis Waltero de Sancto-Walerico facere rationabile sediticium in terra quam habet in vadio de filii Geroldi mali clerici, etc. »

portantes et des plus anciennes associations. 1 avaient le droit exclusif de naviguer dans la parti inférieure de la Seine ; mais ils ne pouvaient remonter le fleuve que jusqu'à la limite du duché de Normandie. Au-delà, la corporation des marchands de F eau de Paris dominait exclusivement. Le roi de France, Louis VII, cédant sans doute aux sollicitations de Henri II, permit aux mariniers de Rouen de remonter juscju'au pont du Pecq, et d'y charger leurs vaisseaux sans dépendre en rien de la corporation parisienne '.

La ghilde ou confrérie des tanneurs, était aussi fort ancienne. Ce fut encore Henri II qui confirma ses privilèges dans une charte qui est parvenue jusqu'à nous. Eu voici la teneur*: « Henri, par

' u Rothomagensibus aqucx. mercatoribùs licebit vacuas naves adducerc usquè ad rivuluni Alpeci , et non ultra , et ibi onerare, et onustas rcducerc sine societate mercatoruni parisiensium. » Ordonnances des Rois de France , ii , 433.

2 Archives municipales» reg. V, F 255 recto: « Henricus, Del gratiây rex Angliae, dux Norinanniae et Âquitaniae et cornes Andegavise, coniitibus,baronibus, justiciariis» vicccomitibus, ministris et omnibus fidelibus suis salutem : sciatis me concessisse et hâc meâ cartâ confirmasse tanatoribus meis de Rothomago gildam suam et tanum et unctum suum , et omnes consuetudines et rectitudines gildae suae libéré et quietè, plenarièet honorificè, et quôdnullus operetur de ofûcioeorum in Rothomago nec infrà leucatam Rothoniagi nisi per cos , pro servicio quod ipsi tanato* res mihi faciunt; quarè volo et firmiter prœcipio quôd nullus eosvcxet nec disturbct nec iu placitum ponat de officio corum

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