IV ROUEN
civil et militaire , cette ville avait une grande importance sous la domination romaine. Cependant ^ on y chercherait vainement aujourd'hui quelques débris de ces monumens de luxe ou d'utilité, vestiges impérissables del'empiredes Césars. Aucune ruine n'atteste que Rouen ait eu des Thermes ou un Amphithéâtre. Quelques tombeaux , des médailles et des fragmens que la sagacité de l'antiquaire peut à peine reconnaître, voilà pour Rouen les seules traces du séjour des Romains. Rien, dans l'histoire de cette ville , ne rappelle non plus la constitution municipale qu'elle reçut sans doute de Rome, comme presque toutes les villes conquises. Elle dut, cependant, avoir ses sénateurs ou curiales, parmi lesquels on choisissait les consuls ou duuniVirs chargés de l'administration de la cité. Si aucun texte positif n'atteste l'existence de ce gouvernement à Rouen , l'analogie suffit pour prouver que cette métropole n'en fut pas plus dépourvue que les autres. Il est probable que cette constitution municipale disparut entièrement au milieu des bouleversemens qui suivirent les invasions des barbares, et que Rouen ne conserva que les corporations d'arls et métiers orga-
JUSQU'AU X« SIÈCLE. t
nisées par les Romains dans les derniers siècles de J'empire '. Elles étaient destinées à entretenir Ja fraternité entre les pauvres artisans, et, plus que jamais , cette union devint nécessaire à l'époque des invasions des barbares. Nous savons, d'ailleurs, positivement, que le commerce de Rouen continua d'être florissant après la chute de l'empire romain. En 629, Dagobert. en instituant la foire de Saint- Denys, et en accordant des franchises aux marchands qui s'y rendaient, mentionne deux fois le port de Rouen'. De nombreux vaisseaux y apportaient, du Midi, l'huile, la garance et d'autres denrées, qu'on transportait ensuite par terre dans l'intérieur de la France. Il y avait sans doute à Rouen , comme à Paris, une corporation de bateliers jouissant , exclusivement, du droit de naviguer sur la Seine. Tout fait présumer qu'elle exista depuis le temps des Romains jusqu'au xii* siècle, où les ordonnances la mentionnent expressément ^ On trouve une nouvelle preuve de l'importance commerciale
• Cod. Theod., lib. 14 , tit. 2 de privUegiis.
' Scriptor. rerum gallic.^ IV , 627.
^ Ordonnances des /îoi> de France , II , 433.