‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 62 sur 188 · CHAPITRE CINQUIÈME. ia · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. ia

<< f^orte, ou nous la murerons, à la volonté du roi.

« CJuant aux chevaliers , bourgeois et hommes d'ar-

<< jnies, qui , au premier juin , étaient dans Rouen ,

« le roi leur restituera les fiefs qu'ils avaient aupa-

<c :ravant , s'ils font serment et hommage audit roi.

<^ lis ne devVont que les services imposés par la

<« nature de leurs fiefs. Les mêmes conditions sont

^^ stipulées pour les chevaliers d'Eu , Driencourt

^'^ ( Neufchâtel ), Aiimale et Alençon , qui sont

^* clans Rouen. Lorsque toutes ces conditions au-

^^ ^ont été accomplies , et la ville de Rouen rendue

^< au roi de France , avec toutes les forteresses, ce

^* prince accordera aux bourgeois de Rouen leurs

^^ libertés et coutumes. Un sauf-conduit sera délivré

^ à tous les chevaliers et hommes d'armes qui vou-

^* cJront se retirer par eau ou par terre. Le roi

^"^ J>ourra faire venir par eau ses bagages, vaisseaux

^^ ^t, galères, sans toutefois trafiquer, h moins que

^^ cï^ ne soit de son butin; on restituera aux bour-

^^ *^^«ois et autres nommés dans la capitulation tout

3 qui sera prouvé leur avoir été enlevé. Pendant

^^ <^^s trente jours de trêve, les marchands de Rouen

^^ Ji^ourront librement trafiquer par terre et par eau ,

^ ^^ pporter des denrées dans Rouen , excepté du pain

^^ ^^ t du blé. Quand toutes les conditions auront été

^^ ^^ccomplies, le seigneur roi rendra les otages.

^^ 3Moi, Robert , maire do Rouen , je jurerai avec

« dix-neuf autres bourgeois , que ce u'est pas « par nous qu'ont été coupées, dans Rouen, les « têtes des vassaux du seigneur roi , que nous en « avons été vivement affligés, et que, si nous pou- « vons prendre ceux qui ont commis ce crime , « nous les livrerons au roi , afin qu'il en fasse sa « volonté. Fait à Rouen , le premier jour de juin (C i2o4- »

Aussitôt après la conclusion de cette trêve, les Rouen nais envoyèrent une députation à Jean-sans- Terre , pour le sommer de venir au secours de ses vassaux. Au moment où les ambassadeurs se présentèrent devant le roi , il était occupé à jouer aux échecs ; il ne voulut pas interrompre sa partie pour les écouter*. Lorsqu'enfin il daigna leur donner audience, ce fut pour déclarer qu'il ne pouvait les secourir, et qu'ils devaient pourvoir eux-mêmes à leur salut. De retour à Rouen, les ambassadeurs firent part à l'assemblée des bourgeois, de la réponse du duc. Quelle ne dut pas être l'indignation de ces braves gens, qui avaient affronté tant de dangers, et qui étaient prêts à en surmonter de nouveaux, si un chef digne d'eux les eût commandés! Elle allait donc enfin tomber au pouvoir d'un vainqueur, cette noble ville , jusqu alors in-

* Chronique de Normandie, édit. de 1487, f° 78.

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