‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 78 sur 188 · CHAPITRE SEPTIÈME. i207— lâS · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. i207— lâS

quelques monumens écrits , au moyea desquels on

peut encore reconstruire un débris de la commune

et en indiquer les privilèges. Nous l'avons vue,

^près une conquête qui semblait menaçante pour

'a liberté, se relever plus forte, agrandir la ville et

^Hendre ses droits jusqu'en 12:23, époque de la

niort de Philippe- Auguste. Sous les- successeurs de

^e roi, son influence s'accrut chaque jour, et nous

allons en suivre les progrès sous Ix>uis VIII ( 1 223-

iaa6).

Le règne de ce prince, qui présente générale-

nnent si peu d'intérêt , ne fut pas sans importance

[>our la commune de Rouen. A peine monté sur

1« trône, il confirma le privilège dont jouissaient

l«s Rouennais, de forcer leurs débiteurs de venir

plaider devant la commune ^ Peu de temps après,

lane nouvelle charte du même roi accorda aux

bourgeois les arrière-fossés de la ville pour y

c^onstruire des maisons et des jardins ; c'étaient les

fossés de l'enceinte primitive correspondant à la rue

de l'Aumône et aux terrains qu'on a appelés, en

mémoire de cette donation , rue des Fossés Louis

VI IL En outre , le roi permettait aux bourgeois

de Rouen, moyennant une rente annuelle de vingt

livres, de prendre dans la forêt de Roumare la terre

nécessaire pour teindre et fouler. Dans le cas où

' Voy. Pièces justificatives , charte de Louis VIII (janvier 12*23.)

elle viendrait à manquer dans cette forêt, il les autorisait à en prendre partout ailleurs, dans le bailliage de Rouen. Quant aux quais qui resserraient le cours de la Seine, Louis VIII accordait aux bourgeois le droit de les étendre, pourvu qu'ils n'entravassent pas la navigation. Enfin , il leur abandonnait , moyennant une rente annuelle de dix livres , le tiers du vieux Château de Rouen , sur l'emplacement des halles actuelles. Cette charte, donnée à Saint-Germain-en-Laie, au mois de mai 12^4% prouve que l'union entre la commune et le pouvoir royal devenait chaque jour plus étroite. La bourgeoisie, absorbée par ce travail matériel, paraît avoir prêté peu d'attention aux exhortations du successeur de Robert Poulain, de l'archevêque Thibaut. Il cherchait, en I2a3, à ranimer le zèle des Rouennais pour la croisade contre les Albigeois; il montrait les hérétiques se relevant de leurs défaites , et se plaignait vivement de l'indifférence des chrétiens. « Hélas ! s'écriait-il ' , la fille de Sion est « abandonnée ; il ne se trouve pas un Mathatias « pour égorger le juif sacrifiant aux idoles, pas un « Othoniel pour délivrer Israël , pas un Sangar « pour frapper les Philistins du soc de la charrue, « pas un Gédéon pour nous délivrer des mains de

* Voy. le texte, aux Pièces justificatives.

* Martenne , Thésaurus , I, 902 — 903,

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