‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 86 sur 188 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

moins remarquer qu'à Rouen sa mission produisit de salutaires effets. L'esprit véritablement chrétien se ranima ; on est même frappé, à cette époque, d'une tendance mystique qu'il faut sans doute attribuer aux prédications exaltées des moines Mendians. Les prodiges se multiplient et remplissent les chroniques contemporaines. Tantôt des boiteux, des aveugles, des paralytiques recouvrent Tusage de leurs membres par la veptu de quelque saint, et spécialement du saint roi, qui avait communiqué au peuple sa dévotion mystique '. Tantôt, c'est la servante d'un bourgeois, Angot Le Mercier, qui est miraculeusement punie, et non moins miraculeusement sauvée. Elle avait tenté de travailler le jour de l'Annonciation de la Vierge; mais, aussitôt, dit le chroniqueur, sa main s'enfla, le peigne à carder, dont elle se servait, y resta attaché, et ce ne fut qu'après avoir passé un jour en prières au pied de l'autel de la Vierge, que sa main fut guérie par une vertu miraculeuse *.

' Guiilelmus Carnoteusis , de yitA et miraculis S. Ludovici. Ap. Script, rer. galL, XX, 40, 142, 143, 151 , 185.

^ « Mu lier quaedaaif de urbe Kothomagi, ancilla Angoti le Mercier , de parochiâ sancti Nicholai , manè surgens , ausu temerario, pecten etlinum vel canabiim arripuit ; quo arrepto, opère incœpto , statlm pecten nianui ejus sinistrae fortiter inhœsit , manusque graviter protumuit cum dolore, quse etiam ad majorem Dei ecclesiam, antè al tare Dei genitrlcis , videntibus cunctis, usquè ad solis occasum sic permansit. Tandem mater misericordiae miseriis

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La preuve la plus frappante de cette tendance mystique des esprits, est la réclusion à laqueHe se condamna Adam Bacon y ancien pénitencier de l'archevêque , ancien abbé de Sainte-Catherine et deSaint-Ouen. Ce moine avait fui les dignités ecclésiastiques, et s'était retiré dans une petite cabane près du couvent de Sainte-Catherine. Là , il se livrait à des macérations qui rappellent l'ascétisme oriental '. Les bras , les reins et les jambes chargés

mulieris commota, mirabiliter manum ejus à pectine quo erat constricta liberavit et dissolvit. » Chron. S. Katkarinœ, ap. Chron, t^pl, €t unum f p 137.

* D. Pommeraye a parlé deux fois de l'abbé Adan , le reUttê^^ ( Hist, de Saint-Ouen , p. 274 , et de Ste^Cathenne ^ p. 28 et 29 ) ; chaque fois il déclare qu'il ignore Torigine de ce nom de reclus. Nous deyoDS à la Chronique mscr. de Ste^Catherime ^ conserTèe dans le Ckronicon triplex et unum, p. 140et8uiY., l'histoire détaillée de ce solitaire. Voici le texte même du manuscrit :

« Hic in pago Caletensi , viilâ quae ab tncolis Fumachon nuncupatur , exstitit oriundus. Primé in ecclesiâ de Hardouvillâ fuit presbyter sœcularis, deindè habitum assumpsit » vitam ducens per omnia religîosam et honestam, undè, auditâ sanctitatis ejus famâ , à domino Theobaldo Rotbomagl archlepiscopo ejus est poenitentîarius constitutus, et in eodem officio per annos XIV perduravit quousquè ad regimen ecclesiae S. Katharinae est assumptus , statiraque eodem anno à Theobaldo Rothomagensi archiepiscopo abbas S. Audoëni est crcatus , officioque curae pastoralis in ecclesiâ S. Audoëni ferè per annum administrato , indè reversus est apud S. Katarinam. Asseosu et voluntate Willelmi abbatis et totius conventûs parvo tiigurio juxtà majprem ecclesiam se reclusit; qui etiam à die, postqulun inclusus est , vltam cœpit duram satis ducere et austeram , nam quinque quadragenas seroper per annum faciebat , à feriâ quintâ

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