‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 85 sur 188 · CHAPITRE HUITIÈME. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. i

« couvent. Les outrages que plusieurs de nos jurés <c ont faits a l'abbaye seront punis d'après la sen- « tence de Jean des Vignes , bailli du seigneur roi. tf Quant à nous , par le serment que nous avons «t prêté au seigneur roi , nous nous sommes en- « gagés à faire respecter par nos jurés , autant qu'il « serait en notre pouvoir , la haie rétablie dans le •t lieu où elle avait été détruite ; et, si ladite haie ou « toute autre clôture est détruite , nous la ferons <c réparer sans délai. De leur côté, l'abbé et les a moines ont promis de bonne foi que ni eux ni « aucun des leurs ne détériorerait la clôture. Nous a nous sommes engagés à exécuter cette conven- «< tion sous peine de cent marcs, sauf en tout le « droit du roi. En foi de quoi nous avons fait ap- « poser au présent écrit le sceau de la commune, « et, à notre prière , Jean des Vignes , bailli du sei- « gneur roi, y a joint son sceau. Fait l'an du Sei* « gneur 1240, au mois de juillet ^ »

Cette charte indique l'origine de plusieurs rues de Rouen. Ainsi, une rue large de six pieds s'étendait le long des murailles de l'abbaye ; c'est peut- ^tre celle qui a existé jusqu'à nos jours sous le

> Voyez le texte de cette charte, aux Pièces jnstificatWes. — D. Pommeraye en parle dans son Histoire de St-Ouen, p. 276, et annonce qu'il la publiera parmi les Pièces justificatives ; mais la charte ne s'y trouTe pas.

nom de rue des Murs-Saint-Ouen. Une autre partait de la porte du couvent, et se dirigeait vers le château avec une largeur de vingt pieds; elle devait répondre à une partie de la Rougemare. Les masures dépendant de Tabbaye se trouvaient sans doute dans la rue nommée plus tard Bourg-V Abbé^ nom qui indique assez l'autorité qu'y exerçait l'abbé deSaint-Ouen. Enfin, des masures de Saint-Ouen à la rue Saint-Vivien, on ouvrit- une rue large de vingt pieds ; ce ne peut être que la rue de l'Épée. Si, donc, l'abbaye obtenait la réparation des dommages qu'on lui avait causés , la bourgeoisie s'assurait des voies de communication, et ne souffrait pas que le couvent de Saint-Ouen rendît plus difficiles les relations entre les divers quartiers de la ville.

Peu de temps après cet accord, en 1^47, le Franciscain Odon Rigault monta sur le siège archiépiscopal de Rouen. Ce fut le triomphe des frères Mineurs , et la commune, qui avait applaudi à leur établissement, partagea leur joie. Le moine, devenu archevêque, conserva l'austérité du cloître. Ses visites pastorales portèrent la réforme dans les nombreux monastères où la nécessité s'en faisait vivement sentir. Si notre sujet nous interdit de suivre Odon Rigault parcourant son diocèse et réveillant partout le zèle religieux , nous devons du

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