CHAPITRE NEUVIÈME
poration des marchands parisiens ; il a été prouvé que non '. »
Exclus de la navigation de la Haute-Seine, les Rouennais voulaient du moins conserver le monopole du commerce de la Basse-Seine. Déjà, moyennant une rente de huit livres, ils s'étaient assuré au Becquet, sur la rive gauche de la Seine, non loin de Caudebec, une station pour les navires qui remontaient ou descendaient le fleuve*. Aucun bateau ne passait sous le pont de Rouen sans avoir payé les droits, et, lorsque les bourgeois accordaient la franchise, c'était de leur part un acte de pure courtoisie. Telle fut la concession qu'ils firent, vers cette époque , aux moines de Jumiéges. Il fut stipulé qu'au moment oîi les vins de l'abbaye, transportés par Seine , passeraient sous le pont de Rouen, un des serviteurs du couvent se présenterait devant le hansier ou receveur des droits de navigation, et affirmerait que ce vin était destiné exclusivement à l'usage des moines, sans aucun but de trafic. A cette condition, les bourgeois promettaient
* « Inquesta utrùra cives rothoraagensespossintducere de ponte Medante versus Parisius mercaturas suas , scilioet sal , alecia et alla per aquam , etiamsi^non sint de societate raercatoruin parisicnsium ; probatum est quôd non. » D. Felibien, Hist, de Pa^ ris y t. 1 , ch. 13; Depping , Livre des Métiers d'Etienne Boilleau ^ Introduction , p. 29.
* Archives municipales, rcg. H , P 164 recto*
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de ne pas s'opposer au passage des navires sous le pont de Rouen ' .
L'impôt que percevait la ville sur tous les autres bateaux l'enrichissait, et lui permettait d'acheter, par une rente , des droits dont la royauté tirait peu d'avantages. Ainsi , le roi possédait dansKouen un vaste terrain où s'élevait jadis le château des ducs de Normandie. Déjà la charte de Louis VIII* en avait cédé le tiers aux bourgeois ; saint Louis profita du reste pour établir le marché de la Vieille-Tour et construireleshalles. Il s'emparamême, pour agrandir
* Voici le texte de Tarrét de l'Échiquier , qui termine les différends entre la commune et Tabbaye de Jumiéges. II se trouve aux
Archives municipales , dans le registre ^ , f* 224 verso :
« Noterint universi quôd , cum contentio verteretur inter abbatem et conventum Gemmeticensem ex unà parte, et majorem et cives Rothomagi ex altéra, pro vino dictorum abbatis et conventûs , tandem inter ipsos concordatum est , quôd , quandè vina illa venerint apud Rothomagum , unus servieus de suo manupastu {dominio) dicet hanssario villae vel majori vel illi qui erit loco ejus : « Vina abbatis et conventûs Gemmeticencis transeunt per antè istam villam ; sunt omnia sua et ad suum usagium , sine mercimonio ; paratus sum facere vobis fidem ; » et faciet fidem , si ille voluerit cum quo loquetur , et ex tune poterunt abire cùm voluerint , nec poterunt per aliquem de civitate impediri ulteriùs vel arrestari ratione rei quae ad villam pertineat aut communiam , et ut istius concordiae firmitas habeatur , in memoriam perpetuam praesenti chirographo et tcstimonio sigilli appositi confirmatur ténor concordiae supràdictae. Actum anuo Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo quarto , apud Rothomagum, in scaccario sancti Michaëlis »
^ Voyez plus haut , p. 126.