CHAPITRE NEUVIÈME
saint Louis. La charte est adressée au roi lui-même : «c A très excellent seigneur, Louis, par la grâce oc de Dieu , illustre roi des Français , ses clercs dé- <c voués , le doyen et le chapitre de Rouen , salut et <c soumission à toutes les volontés de sa royale ma- «c jesté : Quoique nous puissions , d'après le droit «€ commun, entourer notre cimetière de murailles «c et rélever à la hauteur qui nous paraîtra convexe nable, cependant, pour obtempérer à la volonté c« de votre Grandeur, nous annonçons, par ces précn sentes, à votre Sérénité, que le mur qui sera élevé « pour la clôture de notre cimetière, n'excédera pas «( au-dessus du sol la hauteur de quatre pieds , me- ^ sure du pied de roi , et que jamais il ne sera <c exhaussé. Nous le promettons de bonne foi, îious « liant par une obligation formelle , à moins que « quelque nécessité ne nous contraigne d'agir au- « trement, et nous ne le ferons qu'avec l'autorisacc tion spéciale de Sa Majesté. En foi de quoi, nous <c avons apposé notre sceau aux présentes. Donné « le dimanche après la S.-Bartliélemi, l'an ii256'. » Le roi était encore en Normandie, au Pont-del'Arche, lorsqu'il termina les différends qui s'étaient élevés entre la commune de Rouen et Laurent le Chambellan, son panuetier dans cette ville. Unan-
' Archives du royaume. —Voyez le texte, aux Pièces justiiicativcâ.
cien usage attribuait à cet officier la juridiction sur les boulangers et les amendes qui en provenaient. Le maire contestait ce droit à I^aurent le Chambellan. Saint Louis termina toutes les difficul tés par un arrangement qu'acceptèrent la commune et le pantietier. Il fut décide que la ville ferait, à Laurent le Chambellan y une rente de vingt livres tournois, et que celui-ci abandonnerait en échange tous ses droits aux maire et pairs de la commune. C'est à partir de cette époque que la juridiction sur les boulangers appartint exclusivement au maire de Rouen*.
Il est probable aussi que des plaintes avaient été portées à saint Louis sur le tort qu'éprouvait le comhierce de cette ville, par suite des exigences de la Compagnie française^ ou corporation des mariniers de Paris. Le roi renvoya l'affaire aux jurisconsultes qui l'accompagnaient partout , et dont la main est souvent visible dans les actes de ce prince. La sentence , rédigée dans la forme laconique des olim du Parlement, prouve que la requête des Rouennais fut rejetée : « On a examiné si les bourgeois de Rouen pouvaient conduire par eau leurs înarchandises, comme sel, marée et autres denrées, du pont de Mahtes^ vers Paris, sans être de la cor-
» Archives du royaume. — Voyez la charte dt S. Loiiis, aux Pièces justificatives.