‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 96 sur 188 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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i mort de saint Louis, en 12^0, / fut un sujet (le deuil pour la France 1 entière. L'arclievêf^ue de Rouen, I Odon Bigault , qui l'avait accoinij pagné sur la côte d'Afriqye , et qui en revint en 12'ji ', put redire aux babirtans de Rouen les vertus du saint roi, sa résignation et sa fermeté en présence de la mort. Ce pr&r lat gouverna l'cglisf; de Rouen , avec la même

' Chronlcon triplex el iimim, 1° 149.

CBAPITRE DIXIÈME. 1270—1^85. 165

vigilance, jusqu'en 1275. Ce fut pendant les dernières années de son épiscopat qu'il fit dresser le Fouillé^ ou statistique religieuse de son diocèse. Ce document, qui est parvenu jusqu'à nous, fournit de précieuses indications sur la population de Rouen à cette époque. Elle était loin d'être alors aussi considérable qu'elle Test devenue plus tard; on ne peut guère l'évaluer, d'après cet acte, à plus de 40,000 âmes'.

Le fils et successeur de saint Louis, Philippe-le- Hardi , était bien inférieur à son père en vertu et en talent ; Tadministration générale en souffrit , mais l'essor imprimé à la commune ne se ralentit pas. Dès le commencement de ce règne , le Parlement de Paris revint sur une décision antérieure , fâcheuse pour Rouen. Il avait déclaré que les mariniers de cette ville ne pouvaient naviguer entre les ponts de Mantes et de Paris, sans prendre pour associé un marchand de la Compagnie française ^ ; mais, sur de nouvelles et instantes réclamations, il décida que les Rouennais pourraient transporter leurs marchandises par eau jusqu'aux ponts de Paris ^. Déjà, sous le règne précédent, le Par-

' Voyez, aux Pièces justificatives, les extraits du PoMi7/e, relatifs aux paroisses de Rouen.

' Voyez plus haut, chap. IX, p. 153.

^ Recueil des 0//w , publié par M. Beugnot, I, 368.

leinent de Paris, quoique généralement peu favorable aux privilèges communaux, avait rejeté la requête des abbés de Beaubec, Vaux-Cernay , Mortemer et Bonport, qui prétendaient avoir le droit de décharger leurs vins à Rouen. Il avait reconnu que leur demande était contraire aux us et coutumes, et à la charte de Rouen, plus ancienne que les chartes des abbés '. Mais, en même temps, les juges royaux ne voulaient pas que la commune de Rouen interceptât le passage des navires qui portaient du vin destiné à l'usage de quelque seigneur, sans but de trafic. Cependant les bourgeois s'obstinaient, dans ce cas, à user rigoureusement de leurs droits. Ainsi, en 1272, Raoul de Pacy voulut vainement faire passer, sous le pont de Rouen, dix tonneaux de vin qu'il affirmait venir de ses domaines et être destinés à son usage. Vainement , le bailli de Rouen s'adressa , à sa sollicitation , au maire et aux pairs de la commune , et garantit que Raoul de Pacy n'avait point l'intention de trafiquer de ce vin, et qu'il paierait les droits dûs à la ville. Le maire ne voulut rien écouter, et fit saisir les dix tonneaux; cinq furent défoncés et les cinq autres donnés aux officiers royaux, conime part

' « Contra usus et consuetudines , et contra cartam villœ Rothomagensis , quae antiquior et prior crat praefatis cartis ipsoruni abbatum. » Voyez le recueil des Olim , 1 , 484.

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