CHAPITRE SEIZIÈME. 1W0— iW
intime, et quelles s'expliquent Tune par l'autre. Ainsi, la stagnation du commerce jusqu'en 1 358 ne se cotaprend que par la connaissance des événemens extérieurs qui désolaient le pays et interceptaient les communications. La lutte entre les anciens et les nouveaux habitans de la ville , pour l^s privilèges de, corporation , a son commentaire naturel dans le récit des guerres et des dévastations auxquelles tes campagnes étaient en proie.,, et qui forçaient les habitans des villages et des petites trille? de fuir leurs maisons incendiées, et de cher* «lier un asile dans les places fortes, comme Rouen. ^Au milieu des obstacles continuels que lui opposait la guerre civile et étrangère , le commerce extérieur et intérieur de cette ville paraît languir jusqu'en 1 358 ; nous allons d'abord recueillir lies faits peu nombreux qui se rapportent à cette première partie de son histoire sous le règne de Jean.
La querelle entre les villes de Paris et de Rouen pour la navigation de la Seine , est toujours pendante, et donne lieu à une suite de procès qui se prolongent pendant deux siècles. Les seuls incidens de cette lutte, sous le règne de Jean, , sont la demande faite par les Rouennais à la cour des Comptes , de l'entérinement et enregistrement de certaines clauses de leurs privilèges de commerce , et l'opposition des Parisiens a la requête dès bour-
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geois de Rouen I . Voici les articles des privilège* accordés par les rois, dont les Rouennais demandaient la reconnaissance authentique ; « Les bourgeois de Rouen pourront apporter leurs marchandises dans nos domaines , les y vendre en détail ou autrement, comme ils le voudront, paisiblement et tranquillement, les charger et les décharger, les apporter et les remporter où ils voudront. Ils pourront conduire leurs navires chargés dé marchandises et d'argent partout où ils voudront, sur la Seine, et, s'il est nécessaire , lever les ponts et les arches , et les rétablir sans demander permission à personne *. » .La confirmation absolue de cette charle aurait donné gain de cause aux Rouennais, qui auraient pu naviguer sur toute la Seine, et trafiquer librement dans tous les domaines du roi. L'opposition de la ville de Paris empêcha la cour des Comptes d'accorder l'en. registrement ; l'affaire resta en suspens pendant tout le xive siècle. Mais c'était déjà beaucoup pour
1 Archives municip., reg. ", folio 37, verso. 1 a « Cives praedicti cum mercaturis suis venientes in domaniis nostris poterunt eas vendere ad detaillium vel aliô modo , sic ut voluerint , pacifiée et quietè , et eas chargiare et dechargiare, portare et reportarc ubicumquè voluerint. Naves quoque et hommes ipso ru m cum averiis et pecuniis suis poterunt ascendere et avallare pcr aquam Sequanae in quamcumque partem voluerint , et pontes et arcas levare , si eis neccsse f uerit , et reficere
sine Ucentiâ alicujus. » Archives municip., rcg. —, f° 27, recto et suivans.