CHAPITRE SEIZIÈME. iMO — J
voisine, ils devaient moudre à Car ville, comme les Srôulangers de la Croix-de-Pierre. Aucun de ces iHMilangers, habitant hors des anciennes limites, ne pouvait vendre de pain dans l'enceinte de Rouen, si ce n'est le vendredi, jour de marché, à la Yieille- Tour. le monopole de la vente journalière était réservé à ceux qui demeuraient dans la ville même. Le maire s'occupait ensuite des franches-aires de Saint-Quen , objet, de jalousie pour la Commune ; les boulangers qui en dépendaient ne pouvaient vendre que dans leurs maisons ou à la Vieille- Tour, le jour de marché. Il en était de même de la ^francJte-aire de Mathieu des Essarts dans la rue des Tonneliers, et de ce^le de Notre-Dame. Toute contravention aux ordres du maire devait être punie par la confiscation du pain.
Quant aux forains qui venaient le vendredi vendre leur pain au marché de la Vieille-Tour, il leur était défendu d'en trafiquer ailleurs dans toute l'étendue de la banlieue, sous peine de saisie -du pain, des chevaux et charrettes. Il y a , dans toutes ces dispositions , une intention évidente de favoriser le monopole des boulangers de la ville. C'était dans le même but qu'ils apposaient sur les pains cuits dans la ville une marque particulière, que le maire défendait expressément aux autres boulangers d'imiter. Quelques articles de cette ordonnance ir. 17
prouvent que les fermiers des molliras de la ville pouvaient exercer une inspection iuqietttitoriale jtisquedans les auberges et taverne», -et s'assurer»^ si 18 «pain qu'on y mangeait n'avait pas été • ttcfaeté^»~é à des boulangers forains ou aux fra*ùkês*xêre*.
En consacrant le monopole des boulaftgei*» d*— ** la vitte, lé irraire leur imposait déff ic0liditk>fi&pottt*r=3' la bonne qualité du pain; S'ils ne s'y confoUttiaient:^ pas, leur pain devait être confisqué. L'ordénaaThc établit une double juridiction pôtifr ptoriOÉôéi^ter les cas de contravention. L affaire' était 'd'&bttr jugée au grand moulin de la ville, ou ni Otitttt di Safiht*Ltitiis (f«uë Gaquerel ■). - Eu àas iï&ppëty màiré prononçait en dernier ressorte : r ii:i v-V ï-
On Vèit encore , par l'ordonnance de Rtfbet* Maître , qu'on faisait une rude concurrence au5 moulins dé la ville. Il défend au* meuniers des moulins bâtards, situés dans l'intérieur de Italien, — ■
d'appeler les hommes chargés dé blé, et de tes en- *■"
gager à porter le blé chez eux, à moins d'avoir un— ^tpied dàhs leur moulin1. S'ils étaient pris en faute^^^ dans' là rue, ils étaient passibles d'une amendé;
1 « Nul monnier des moulins bastards qui sont dedans les mercs (limites de la ville) , ne peveni appeler hommes portans bled , ne dire : venez moudre, s'il n'a un pied dedans le momiin, et.» se il est prias au pavement (sur la rue) , il l'amendera. » , Ordonn. de Robert Le Maître sur les Boulangers , Arch. munie, tir. 1G, ri°4.
ClÀHlftE SfilKfiH& i«5Qi--4U*. a«>
JEM&m, le, irçtamQt, da.oiaire adttet, i. tçutes l*3rje#odHioas imposées» plwieuç* exceptions, et «ccotxte ou constate les privilèges de plusieurs Canailles» Les,hérUiers de Lauréat le Chambellan «fc de /Vincent du Val-Richer avaient , dans Rouen, <koit de franche mouture. Qq se rappelle que lauréat W Chambellan , pannetier royal du temps «3e aaînfcjI«otrof avait consenti àt céder sçs droit* s la ville1. C'était probablement pour l'en réco^T 9peq*3r>que la.cosuuune avait o*en>pté scw héritiers ^àu droit i de: jnftjiUire,, Quanti à Vincent du Valr ^ftiehfin, iUvait .vendu à la yiU** qa ia83, les troi* ^noulîn&de Mwrtain ville , de la, Bretèque et de Dé- ^ville*» eu réservant sai*s doute vpou,r lui et se? Itéritiers, le privilège de frpoche mouture.
L'ordonnance relative, aux boulangers est l'açtç Je plus important pour les corporations jusqu'en i3&8. Les autres charte* concernât ce sujet sont peu,nq»breuaeaet*ans gr#ftd intérêt, taqtierellç entre le commun et les courtiers dure toujours 3» En i354 y on les accuse devant le maire, Jçan Le Ferre»! de prendre un droit trop élevé. Il paraît
1 Voyez Hist. de la Commune, première partie, ch. IX, p. 152.
* Ibid., chap. X, p. 173. Le moulin de MartainviUe existe encore à l'entrée de la rue du même nom ; le moulin de la Bretèque, qu'on a aussi appelé moulin du VaMtldher et moulin âkrge, est situé à l'entrée de 1* rue I*é-Fon£aine.
3 Voyez plus haut , deuxième partie * enap. VI» p. as et suiv.
que l'accusation fut prouvée T car le maire n'hésita pas à priver de leur office plusieurs d'entre eux1. Malheureusement, le pouvoir central, auquel ils en appelèrent jetait si nécessiteux, qu'il saisit avec empressement cette occasion de vendre sa protection aux courtiers. Une ordonnance royale lés rétablit dans leurs offices , en ajoutant, pour sauver les apparences, qu'ils devaient être de bonne conduite*.
Le maire ? Guillaume de Si hier ville , s'occupa , en i357, de remettre en vigueur plusieurs anciens règlernens de corporation. Ainsi t il enjoignit aux maignnns (chaudronniers) d'observer les statuts que leur avait imposés, en 1299, le maire, Le Loquetier3. Il renouvela aussi les règlernens des faiseurs de courroies, donnés sous le règne précédent*. Ces ordonnances des maires, relatives aux corporations, ont toutes le même caractère : maintien du monopole, détails techniques, inspection des gardes du métier.
Mais ces règlernens , qui attestent les efforts de quelques maires pour ranimer l'industrie, ne pou-
* Archives mînîcip-, reg, ^ , f1 36 verso, et 37 reclo. a ]bid., folîo 34 , verso.
* Arch. «li'piii'tciu t sect. des Arts -ct-Mtti ers : Maignuns, n° 2.
* Arrh. départent, reg. capitul. 1341 — 1377, folio fie recto. Voyez plus haut , cbap. VI , p. 96-