CHAPITRE SEIZIÈME
de moitié 9 comme le constate la charte du dauphin citée plus haut. D'un autre côté , il résulté de cet acte qu'à partir de i36o, époque de la paix conclue avec le roi d'Angleterre et du retour à un gouvernement plus énergique et plus habile, le commerce se ranima , et que la ferme du pontage lut allouée à un taux plus élevé. L'industrie suivit nécessairement les mêmes phases que le commerce extérieur; nous trouvons à peine quelques actes relatifs aux corporations pendant l'époque des troubles, tandis que les documens abondent pour les der-» uières années de ce règne.
Au inoyea*age, l'histoire de l'industrie se confond avec celle des corporations* Tous les hommes de métier y «nous l'avons déjà vu, s'unissent pour se défendre et pour s'assurer le droit exclusif et presque héréditaire d'exercer une industrie; ils achètent ces privilèges par un long apprentissage, par les épreuves qu'ils subissent, et par leur obéissance an règlement que leur imposent le maire et les pairs de la Commune , et dont les gardes du métier surveillent l'exécution. La première corporation , dont les maires s'occupèrent sous le règne de Jean, fut ceJJe des houlangers. Elle avait eu de *out temps une grande importance dans une ville cjui avait 1^ propriété des moulins , et en tirait un revenu considérable. En i35o, le maire, Robert
COMMUNE M ROUEN. Il* paiitill
Le Maître, donna à la corporation des boulangers un règlement qui fut long-temps en vigueur ' 11 y réglait d'abord la somme que devaient payer aux moulins de la ville les boulangers qui habitaient dans les anciennes limites pour droit de mouture , et In taxe imposée aux marchands qui apportaient de la farine pur Seine, Ils s'occupait ensuite des boulangers habitant hors de l'ancienne enceinte, et indiquait les moulins où ils étaient tenus de porter leur blé* Ainsi, ceux qui demeuraient hors la porte Cauchoise , devaient aller moudre à Maromme, et le maire déterminait le droit qu'ils y paieraient. Les boulangers de la Croix-de-Pierre et de la rue Coqucreaumout* (rue des Capucins), calaient tenus de porter leur blé au moulin de Carville. Ceux qui habitaient au-delà de la Croix placée à l'extrémité méridionale du pont de Mathildé(dans tout le quartier Saint-Sever), étaient admis aux moulins de la ville pour un droit déterminé par le maire. Il en était de même des boulangers situés au-delà de la porte Martainville. Quant à ceux qui habitaient hors la porte Beau-
1 Archives municip., lir. 16 T n° 4.
1 J'ai ch'ja fait remarquer . deuxième partie, eh. 11, p. 2% t que cette charte prouvait jusqu'à l'évidence qu'il y avait à la Croix-de-P terre une des pertes de la ville; en effet, on l'assimile à Cauchoiac, Beau voisine , Martainville, a la porte du pont; c'était donc incontestablement une limite dr Rouen.