CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
dans l'intérêt du monopole. La profonde misère de ces temps de troubles et de guerres ne se peint nulle part plus vivement que dans les doléances des malheureux chassés de leur pays, réduits à mendier une hospitalité qui leur est durement refusée, ou qu'on leur fait cruellement acheter par des affronts et des vexations de toute espèce. Rien ne prouve mieux combien l'amour et l'idée même de la patrie étaient étrangers aux hommes de cette époque. Dans les fugitifs qui venaient implorer un asile, les Rouennais ne voyaient pas des compatriotes, mais des étrangers. La patrie était alors restreinte aux murailles de la Commune. Il faudra eneore traverser bien des années, et de rudes épreuves, avant que l'idée de l'unité française apparaisse aux esprits , et qu'à l'égoïsme communal succède l'amour de la France.