‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 115 sur 238 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME 1353—4544. tf · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME 1353—4544. tf

contraire au monopole du moyen-âge, ne fut probablement pas exécutée. Nous trouverons dans la snite, en effet, plusieurs discussions entre les chandeliers et le marre , qui continuait d'entraver leur commerce1.

Une résistance plus sérieuse encore vint dé là corporation >deé «rbalétriers, que nous avons vue soumise à Taotorité municipale par un règlement rendu sous le règne précédent3. Les arbalétrier* avaient été déclarés exempts d'impôts, sauf dans di*mr certaines circonstances, et, surtout, dans le casoii l?on percevrait des aides pour les fortifications. Maigre cette exception, les arbalétriers refusèrent de payer toute espèce d'impôt. Le maire, Guillaume de Sihiérville , voulut les y contraindre en 1 367, mais ils en appelèrent à l'autorité royale; Le Régent chargea le chancelier de prononcer sur cette contestation , et sa sentence fut favorable aux -arbalétriers*. Mais la Commune, alors insurgée contre le pouvoir royal , n'en tint aucun compte. Lorsque le calme fut rétabli, le Régent enjoignit au maire de Rouen, par une ordonnance datée du mois d'octobre 1 35g, de cesser toutes les poursuites contre les arbalétriers*. Cependant, la

1 Voyez plus loin, chap. X3ÇJV.

2 Voyez plus haut, deuxième partie, chap. VI, p. 97 et suiv.

3 Ordonn. des rois de France, VI , 540 * Ibidem , 541.

querelle se renouvela Tannée suivante. Antheaum^ de Maromrae prétendit de nouveau forcer les arbalétriers de payer une partie de l'impôt '. Jean Langlais , maître de la cinquantaine, résista , et l'affaire fut portée devant le bailli royal, Pierre de Neuville. Celui-ci s'adjoignit plusieurs bourgeois qui devaient prononcer comme arbitres sur .le différend existant entre le maire et les arbalétrier*. C'étaient, pour la plupart, d'anciens maires, Jacques Du Châtel , Jacques Le Lieur i Guillaume de Sihierville et Simon du Broc. Les parties s'engagèrent à s'en rapporter à leur sentence arbitrale. Après avoir examiné. la (question,. et interrogé: les sages des bonnes villes de Rouen et de Paris, les arbitres» de concert avec le bailli, rendirent la sentence suivante : « C'est à tort que le maire, Antheaume de Maromme, a levé un impôt sur les arbalétriers; l'argent leur sera rendu. Ils seront exempts des aides et taxes levés pour le Régent*.» Malgré l'échec qu'essuya le maire en cette circonstance, ce qui ressort principalement de tous les faits que nous avons cités, c'est le pouvoir de ce magistrat sur les corporations; c'est aussi l'esprit égoïste de la Commune repoussant l'étranger

1 Archi?es municip., tir. 121, n° i.

a Ibidem.

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