‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 118 sur 238 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

. ménager ses anciens ennemis, les chanoines et les aoines bénédictins de St-Ouen, de Fécamp et du ISec. De son coté, le clergé, dont les privilèges avaient ^té restreints par Philippe-le-Bel , avait repris tout son orgueil en face de la royauté avilie. Npus en ^trouvons la preuve dans une lutte que soutint , à <ette époque , l'archevêque Philippe d'Ajençon , «oirtre l'autorité temporelle. Il s'agissait d'un procès déjà ancien , et qui se prolongea pendant presque tout le règne de Jean. En f35i, tous l'épiscopat de Pierre de la Forêt, un meurtre fut commis dans la cour F Officiai (cour des Libraires) qui • était une dépendance de. l'archevêché. L'assassin appartenait dès-lors à la justice ecclésiastique, et devait être jugé par l'officiai de l'archevêque. Aussi fut-il enfermé dans la prison ecclésiastique. Mais le bailli l'en fit enlever à la mort de Pierre de la Forêt, sous prétexte que, lès domaines (Je IVchevêché étant en régale ou sous la main dij roi, les justiciables de l'archevêque devaient êtrç traduits devant les juges royaux. Vainement (Guilrlaume II de Flavacour, successeur de Pierre de la Forêt, protesta contre cette violation des privilèges ecclésiastiques; le bailli retint l'accusé dans sa prison. Telle était encore la situation des affaires, lorsqu'en i35<), Philippe d'Alcnçon remplaça Guillaume de Flavacour.

Le nouveau prélat était prince du sang royal 9 fils de Charles de Valois, comte d'Alençon, et frère du roi Philippe de Valois. Son caractère était hautain et violent. Il suffit de parcourir sa biographie pour s'en convaincre; on y sent que l'orgueil féodal bout dans ses veines, et que le cœur d'un guerrier bat sous l'étole du prêtre. Lorsque,. plus tard, en ]3y4> les envoyés de Charles-le-MauvaLs lui .proposèrent un traité contre le roi Charles V, il laissa éclater la violence de ses passions, déclara qu'il s armerait en sa personne et se mettrait aussi avant dans la guerre contre le roi qu aucun cher mlièr « . Un pareil prélat devait maintenir avec hauteur les privilèges ecclésiastiques; on en trouve encore la preuve dans un des cartulaires que possèdent les Archives du département de la Seine- Inférieure. Philippe d'Alençon y a fait transcrire les titres des droits réels ou prétendus des archevêques de Rouen*. Ce prélat se plaignit avec plus de hauteur que ses prédécesseurs de la violation des privilèges ecclécliastiques. 11 profita de la présence

1 Ce sont les paroles de Du Rue, secrétaire du roi de Navarre, chargé de traiter avec Philippe d'Alençon. Secousse , Hist. de Charles-le-Mauvais.

* Ce cartulaire, qui a encore sa vieille reliure et son fermoir en fer, est aussi désigné sous le nom de Cartulaire de François de Harlay, parce que ce prélat y a fait transcrire quelques actes.

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