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du dauphin Charles à Rouen % pour lui exposer ses griefs. Il soutenait que les archevêques de Rouen avaient toujours eu haute et basse justice dans leur matioir archiépiscopal , dans la cour f Officiai et autres édifices dépendant de leur palais. U pressa vivement te Régent de faire droit à ses réclamations. Charles se trouvait alors dans une position difficile; il sortait à peine delà crise qui avait failli lui coûter la puissance et la vie; le roi de Navarre était en armes aux environs de Rouen, et comptait encore des partisans dans cette ville. Il eût été dangereux cle blesser un personnage aussi puissant que l'arche* "vêque. Le dauphin céda , fit rendre le prisonnier, et, dans une charte datée du 5 octobre i359, reconnut que l'archevêque avait une juridiction absolue dans son manoir, les cours et édifices qui en dépendaient3, mais il conserva un secret ressentiment de la hauteur qu'avait montrée le prélat, et, lorsque les temps furent changés, il vengea la puissance temporelle des attaques de Philippe d'Alençon.
Ce redoutable prélat, qui faisait trembler le dauphin , régent du royaume , ne réussit pas à intimider la Commune de Rouen. Nous avons exposé, en parlant du règne précédent, l'origine d'un pro-
1 Voyez plus haut, chap. XUI, p. 206.
7 Ordonnances des rois de France , VI , 561, 562 et 563.
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ces entre les bourgeois et l'archevêque *. Il n'était pas encore termina lorsque Philippe d'Alençon fut appelé à la dignité archiépiscopale. Le maire lui signifia plusieurs citations pour qu'il eût à comparaître devant Pierre de Neuville, bailli de Rouen. Jean du Grey, sous-sergent . à . masse du due de Normandie, se présenta, le mercredi 29 octobre i3f>9, au palais archiépiscopal, pour Caire une nouvelle sommation à révérend père en Dieu monseigneur P archevêque de Rouen'1. Ne pouvant parler au prélat en personne , il s'adressa à ses vicaires , leur lui la citation dont il était chargé -, et leur recommanda dieu donner communication à l'archevêque 3. Philippe d'Alençon ne répondit pas d'à* bord aux ajournemens de la Commune , mais celle-ci continua de le poursuivre, et le maire enjoignit à Jean du Grey de signifier la citation à l'archevêque en personne. Le sergent exécuta l'ordre , et vint déclarer, dans l'assise tenue par le bailli, le 18 décembre i35<), quil avait fait savoir la citation mot à mot 7 à monseigneur F Archevêque, en sa personne et en son palais1*. Philippe d'Alençon se décida alors à constituer un procureur, Jean
• Voyez plus haut, chap. VII, p. 106.
1 Archives municipales, reg. DD, f° 50, recto. 3 Ibidem, f° 50, verso.
* Ibidem.
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Hasard, pour soutenir le procès devant la justice séculière. L'affaire suivit ensuite régulièrement son cours; nous n'en trouvons pas la solution dans les registresv Mail, ce qu'il importe de constater, c'est qu'un prélat, dont la hauteur avait forcé ie ragent du royaume à plier devant lui , trouva dans les bourgeois des adversaires plus intrépides.
' La Commune avait aussi de vieilles querelles avecle Chapitre. L'ute était relative à la confiscation exercée par le maire et les fermiers des moulins delà ville sur Guillaume du Broc, qui occupait une de» maisons du Chapitre , et aurait dû, selon les chatohies, y jowi* d'une franchise absolue , et y vendre librement le pain qu'il cuisait *. Le Cha* pitre s'adressa d'abord au bailli, mais il n'en obtint point satisfaction , et alors il poursuivit ce magistrat devant l'Échiquier , sous prétexte de déni de jtostice; il fit aussi assigner à comparaître devant tfette assemblée souveraine de Normandie, les hé* itiei* de Jeati dû Val-Richer , ancien fày tmetdes fnoulins de la ville '. Les parties compëm* reW,^n^fïet, devant l'Échiquier de Pâques i35a. Vincent du Val-Richer, bourgeois de Rouen , représenta les enfans mineurs de Jean du Val-Richer, et Richard de Brumare parut comme procureur
* Voyez ]plus haut, chap. VÎI, p« 114.
* Archives municipales, reg.DD, P 131, verso.
de Pierre de Lieuvillier, ancien bailli de Rouen. Après avoir entendu les plaidoyers, l'Echiquier renvoya l'affaire à une prochaine session1. Le procès se prolongea d'année en année % sans que nous trouvions aucune satisfaction accordée au Chapitre pour ses griefs.
Quelquefois les querelles entre le Chapitre et la Commune ne se terminaient pas aussi pacifiquement. Ainsi, en i36o, une lutte très vive s'éleva à l'occasion d'une maison située près de l'hôtel de Roger du Tôt 3. Elle était occupée par Raoul Sou* vage, qui se regardait comme justiciable du maire et de la Commune. Mais le Chapitre avait dés prétentions sur cette maison , et , voyant qUe Raoul Sauvage y faisait de nouvelles constructions r il lui envoya son huissier Jean Hasard, pour lui défendre formellement de continuer les travaux et le citer à comparaître devant son tribunal. Raoul Sauvage ne tint pas compte de cette sommation. Alors les chanoines vinrent en grand nombre, assaillir cette maison, et y trouvant un serviteur du maire, ils le maltraitèrent et le firent enfermer
1 Archiv. mu n ici p., reg. DDf f° 132 recto.
2 Ibid., jusqu'au f° 132 , recto.
3 L'hôtel du Tôt était situé rue Malpalu ; c'était un fief avec tour et'colombier. En face, se trouvait la rue de la Grosse-Tourdu-Tot, aujourd'hui rue de la Grosse-Bouteille.