‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 126 sur 238 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

de laquelle il devait attaquer les Compagnies et les partisans du roi de Navarre. Beaucoup de bourgeois se joignirent à lui, et combattirent dans les rangs de l'armée royale ' . Duguesclin marcha contre les troupes de Charles-le-Mauvais, et remporta sur elles une victoire complète dans les plaines de Cocherel (près d'Evreux). Ceux des Rouennais qui n'avaient pu l'accompagner attendaient avec anxiété le résultat de la bataille ; il s'agissait, pour eux, de la sécurité du commerce, de la tranquillité des campagnes , et du salut même de leur ville , qui voyait sans cesse l'ennemi à ses portes* Aussi reçurent-ils avec des transports de joie la nouvelle de la victoire de Cocherel et de la destruction d'une partie "de ces bandes armées qui portaient la désolation de toutes parts. Bientôt ils virent arriver prisonniers les plus terribles de leurs ennemis , tels que Jean de Grailly , captai de Bucha, et le normand Pierre de Sacquenville. Ils furent tous deux enfermés au château de Rouen. Charles V ne tarda pas à se rendre dans cette ville ,

1 « Ceulz de Rouen les ont convoiez et festié , Car de Rouen y ot maint bon bourgoiz armé Et maint bon arbalestrier hardy et redoubté ; Dames et da moi selles ont au partir ploré. »

Idem , ibid., 152 , notes.

2 Continuât. Cuillelmi Nangiac. , 1 c. , p, 896.

pour décider de leur sort. Son entrée fut sans doute signalée par la joie que devait faire éclater la population rouennaise à l'aspect de son libérateur. Mais les chroniques du temps gardent le silence sur ces circonstances. Nous trouvons seule* ment, dans les registres capitulaires , un texte qui se rapporte à l'entrée de Charles V. En voici la traduction : a L'au mil trois cent soixante-cinq, la seconde année du pontificat de notre très saint Père le pape Urbain (V), en l'absence de révérend Père en Dieu monseigneur l'archevêque Philippe d'Alençon, qui se trou voit notoirement dans une contrée éloignée , le seigneur Charles vint à cette église, devant le grand portail, c'est-à-dire devant la porte qui regarde la fontaine, où vénérable et discrète personne maître Bernard Charité, archidiacre d'Eu , délégué par le Chapitre comme le plus ancien dignitaire de cette église, pendant la vacance du décanat , lui offrit l'évangile à baiser , et lui présenta l'eau bénite. Messieurs du Chapitre reçurent le roi honorablement et convenablement ; ils étoient revêtus de chappes , ainsi que tout le clergé du chœur. A cette cérémonie assistèrent révérend Père en Dieu le seigneur Louis, evêque de Coutances, portant la mitre et la chappe , l'abbé de Saint-Ouën, également avec la mitre et la chappe , les abbés de Saint-Wandrille , de la Sainte-

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