CHAPITRE VINGTIÈME
on a ajouté : Ordonnance pour te temps de la peste1.
Peu s'en fallut qu'un nouveau désastre ne vînt se joindre aux calamités de la peste. Un plombier, qui travaillait dans la cathédrale, y mit le feu par négligence. Heureusement, on parvint à arrêter immédiatement l'iucendie, qui n'eut pas les conséquences terribles qu'on pouvait redouter*.
Malgré ces calamités passagères, la fin du règne de Charles V fut généralement heureuse , surtout comparée aux malheurs des règnes de Jean et de Charles VI. A ses derniers momens, eu r38o, le sage roi n'oublia pas la ville de Rouen , qu'il avait souvent habitée , et dont il avait apprécié l'esprit laborieux, solide et fidèle. Il lui légua son cœur. Nous n'avons pu retrouver le détail des tristes et touchantes cérémonies qui durent avoir lieu lors-
1 « QuAdie ordinatum fuit in Capitula quôd domini Canonici hujus Ecclcsise possint dormire de manu absquè co quôd perdant panem su uni çapitularem usqug ad festum omnium Sanctorum, proviso tamen quôd caveant ne propter eoruui absentiam sit deffcctus in Ecclcsià in illis in quibus debent officiare» Ista tune fuerunt ordinata propter tempus quod est de praesenti periculosum propter mortalitatem , et hoc in conscientiâ dicto~ rum doininorum . » Et en marge : Ordinatio te m pore pestis. Reg. capit. 1377-1384, folio 75 recto.
2 « Quâ die fecit emendam Campaigne , plomberius , super eo quôd jnalè et inepte custodierat ofûcium suum et quôd per suam culpam ignis fuerat accensus in bac rothomagensi Ecclcsià. » Regist. capit., 1377-1384 , folio 79 recto.
qu'on rapporta à Rouen ce dernier gage de i'amour d'un rot si justement admiré. Les registres d« chapitre nous apprennent seulement qu'on célébra à cette occasion, un'service funèbre1. Là se ter mine l'histoire extérieure de la Commune de Rouen sous le règne de Charles V. Si elle présente moic d'évènemens dramatiques que le règne précédent t gardons-nous de nous en plaindre. Les batailles * les émeutes , lés réaction» sanglantes r voilà ce qu=^* fait le fond de l'histoire extérieure des peuple» - Elle n'enregistre guère que des calamités. Sa bri^-- — veté est une preuve du bonheur des nations. Mais- t srîe règne de Charles V est peu riche en évène- — mens de cette nature, il a été fécond pour le déve— ~ loppement delà constitution communale, ainsi qu^ pour les progrès du commerce et de l'industrie- Nous en trouverons la preuve dans les chapitres suivans.
1 « Pro excquiis cordis domini nostri régis. » Délibération du 2'i septembre 1380, Regist. capit., Ï377-1384 , foHo !Q2.