CHAPITRE VINGTIÈME. 45e
**** siège de Cherbourg, resta dans leur ville '. Il **Vait avec lui un vaillant homme de mer, le génois Régnier de Gonnault , qui présidait à la construction des galères *. Jamais le port de Rouen n'offrit *in aspect plus animé , plus belliqueux qu'à cette époque. Malheureusement tous ces efforts échouèrent, et Cherbourg resta à Charles-le-Mau vais , ou plutôt aux Anglais ses alliés.
Malf ré cet échec , le pouvoir royal s'était solidement affermi en Normandie et dans toute la France. Les succès de Charles V, et surtout son excellente administration, lui avaient concilié tous les cœurs ; il profitait encore de la comparaison avec le passé. On se rappelait les efforts impuis sans des Communes, et surtout de la Commune de Paris , pour gouverner le royaume , les troubles qui en avaient été la suite , et l'effroyable anarchie qu'ils avaient engendrée. On se ralliait avec empressement sous la bannière d'Un roi qui donnait au pays gloire et sécurité. Les villes commerçantes , comme Rouen , bénissaient le retour de Vordre , et , jusqu'à la fin du règne de Charles V (i38o),la France jouit de cette heureuse situation
k Secousse, Hist. de CharUs-U- Mauvais , deuxième partie, M>. 207.
7 Idem , ibidem , p. 216 et 217.
qui favorisa le développement des arts de la pais dç l'industrie , du commerce , et même des lettre et des sciences.
Il ne faut cependant rien exagérer, et telle éta m. t la triste situation de ces temps, que le bien e-ï3l toujours compensé par quelque malheur. Ain»- * même pendant la paix , les Rouennais ressentirer:» *• les effets de cette guerre prolongée et cruelle don:» ^ leur pays avait été le théâtre. La peste ravage ^ Rouen vers la fin du règne de Charles V. Les text^^ d'une déplorable brièveté, qui mentionnent c^^ év'èuemens, ne font que les indiquer. Mais l'ima" gination doit suppléer à la sécheresse de chro^niques, et se représenter une ville, dont les Habitant accumulés dans des rues étroites , sales et humides * étaient moissonnés par la faim et la peste. Voici te passage des registres capitulaires où il est question . de ce fléau : « Il a été décidé eu ce jour ( 22 août 1379), que MM. les chanoines pourront prolonger leur sommeil le matin, sans perdre leur pain capitulaire, jusqu'à la fête de la Toussaint; seulement, ils doivent faire en sorte que leur absence n'entrave pas les cérémonies de l'église où ils doivent officier. Ces mesures ont été prises à cause des dangers et delà mortalité de ces temps; les chanoines agiront en cela d'après leur conscience. * Et en marge,