CHAPITRE VINGT-UNIÈME
**** balles 9 marchés , et sur toute espèce de mé- **^r et marchandise. Néanmoins, le bailli dé Rouen, *^ vicomte de cette ville, le vicomte de Peau et le procureur du duc , attaquaient l'autorité du maire. Us prétendaient , entre autres choses , qu il ne devait pas avoir l'inspection des mesures employées au marché et dans la ville: Le vicomte de l'eau y apposait le sceau royal , sans appeler le maire ou «es délégués, qui déviaient être présens; il soutenait <gue les amendes pour fausses mesures lui revenaient , tandis que le maire prétendait qu'il devait les percevoir, Les officiers royaux avaient été plus loin; ils avaient enlevé de l'église Saint-Vincent les étalons de cuivre qui y étaient gardés, et qui servaient de modèles pour les mesures ; ils l'avaient fait de leur propre autorité, et sans appeler le maire. Us contestaient à ce magistrat l'inspection des marchandises vendues au marché , la juridiction sur la corporation des cordonniers et sur les mou* Uns de la ville , sur la rue Vathieu-Blondel et du Petit- Ruissel , enfin sur les arrière-fossés de la ville, et sur plusieurs autres lieux, quoique des actes antérieurs et authentiques eussent, sur tous ces points , reconnu les droits de la Commune. Ils donnaient aux anciennes chartes une interprétation favorable À leurs prétentions , et tendaient à détruire tous Igs privilèges de la ville. Le maire protesta avec
énergie* s'adressa au roi, et demanda une déclaration explicité qui mît un terme aux attaques continuelles . des officiers^ royaux. En conséquence , Charles Y assigna ces magistrats à comparaître devant lui à la requête du maire pour entendre leurs raisons, leur défendant provisoirement, et jusqu'à décision contraire , de porter aucune atteinte aux anciens droits du maire1. *
En vertu de l'ordonnance de Charles V, le maire fit assigner les officiers royaux à comparaître devant ce prince, le i5 septembre 1371. Mais ceufrci alléguèrent que leurs charges et certaines commissions qui intéressaient le bien public les retien* draient à Rouen , et qu'il leur serait impossible de se présenter à l'époque fixée. Us ajoutaient qu'on n'aurait pas le temps nécessaire pour examiner avec soin les pièces si compliquées de la procédure. Le roi trouva ces raisons légitimes, et prorogea le terme de l'ajournement au 1 5 octobre , en enjoignant à sçs officiers de comparaître à cette époque. Le maire devait apporter ou envoyer , sous boùne garde , les titres et chartes de la ville, dont il prétendait faire usage contre les magistrats royaux?. Ceux-ci se préparèrent à lutter énergiquement
1 Archiv. municip. , tir. 380, n° 1.
a Archiv. municip., tir. 2, n° 1. La charte royale est datée du 6 septembre 1371 .
coatis la Commune dans cette circonstance dçcn siye > et les instructions qq'on leur en voyait d^ Paris prouvant que le pouvoir gçtetral attachait mffe grande importance à leur victoire. Trois jouns après k promulgation de la chiite qui remçttaift m 1 5 octobre la décision du procès , le 9 septembre 1371 , la Cour des comptas adressa au bailli de Rouen urt mandement dont voici le sens : « Nous vous enjpigppps de réunir le vicomte de J$.ouep, le vjconfte de l'eau et le procureur du rpir de leur adjoindre les avocats elles çopseillers dt{ sçigpeur roi, que vous jugerez les plus capables , et d'appeler à cette réunion maître Geoffroi de Buffresnil , avocat du roi au bailliage de Caux, pour conseiller secrètement et loyalement ledit seigneur, d^ps l'affaire en litige. Vous examinerez les privilèges du maire; et les ckartçs:relativ,es à cette question; vous rédigerez, par écrit, les articjeç que vous croirez néce^-: saines pour v9t**> caut^e^ et VQU3 les appprtepçz, avec vous 7 afin de défendre les drqit£ du roi. Venez tous : ^afre ^ , 3*çp o>aîtpe Çeoffroi »; a vapt le jour fixé pour la1 di^cjAssipn -, afin que vous puissiez éclairer le conjs^il du dit seigneur > et que le droit dw roi soit maintenu. Vqus, vicom.te de Rouen,, vous fournirez l'argent nécessaire pour le voyage , et, en produisant la quittance de chacun des officiers mandés par le roi, vous obtiendrez que la
5*> COMMUNE Dt KOUEN "IM PA*TTEJ
somme fournie soit portée en compte et déduil dé votre inepte/ Ecrit à Parifc, '1er 9 septemt 1371 •. » Ce mandement de- la Gour des compu prouve que l'autorité centrale ne voulait rien > gliger pour défendisses prérogatives et faire r-*^— voquer des concessions qu'elle- regardait comme extorquées par la révolte. '*
Lé roi nomma ensuite deux commissaires pouz* entendre les parties; c'étaient Guillaume de Seris , chevalier, et uti président au Parlement de Paris^, Jacques Dandré ou Dandiré, tous deux membre» de son grand conseil. Mais, soit que les commissaires ne pussent s'occuper du procès le 1 5 octobre* comme ils le prétendent dans leur charte*, soi^ que les officiers royaux n'eussent pas encore réu»* les documens dont ils voulaient se servir contt*^ le maire et la Commune de Rouen , l'affaire fut r^ ~~ misé au t\ novembre 1371. Une ordonnance A&^ commissaires, en date du 8 octobre, enjoignit ^ Jean Lescot , sergent royal , d'aller signifier cet^^ décision au bailli de Rouen, au vicomte de Roue»* ' au vicomte de l'eau, au procureur du duc et 0^^* maire. Peu de temps après, ce délai fut encoi prorogé, comme le prouve une charte de Charles '
1 Archiv. municip. , tir. 2 , n° 1 .
* Elle est conservée aux Archives municipales , tir. 2 , n° 1 .