CHAPITRE VINGT-TROISIÈME. i$U— 1SS
Ce qui avait prolongé si long-temps cette querelle, (c'était surtout ^organisation des deux corporations rivales établies à Rouen et à Paris, corporations jouissant elles-mêmes du droit exclusif de navigation. On les désignait , au xiv* siècle, par les noms de Compagnie française et Compagnie normande. Elles avaient porté long-temps le nom de Hanse (Association), soit qu'elles l'eussent reçu delà nation germanique des Francs, comme le pense D. Félibien *, ou qu'elles l'eussent emprunté aux grandes associations commerciales ou hanses du Nord de l'Allemagne. Ce mot désignait aussi très souvent les privilèges des marchands associés. On le trouve fréquemment employé dans ce sens. Ainsi, Henri III , roi d'Angleterre, parlant des habitans de Cologne, dit qu'ils avaient coutume de
7° 1409. — Charte royale qui conûrrae les privilèges de la Compagnie française.
8° 1411. — Arrêt du conseil, qui évoque devant le Parlement de Paris un procès résultant de la confiscation exercée par les Rouenuais contre plusieurs marchands de vin de Paris, qui n'avaient pas pris Compagnie normande.
9° 1415. — Ordonnance de Charles VI, qui confirme les privilèges de la Compagnie française.
10° 1450- — Ordonnance de Charles VII, datée de Caeo, qui abolit les droits de la Compagnie française pour les Rouennais.
1 1° Janvier 1461 (1462). — Ordonnance de Louis XI , confirmant la précédente.
1 D. Félibien , Dissertation sur l'origine de V Hôtel-de-VUle de Paris , 1, 82.
jouir, à Londres, des droits de Hanse1. 11 accor— "^tfe les mêmes privilèges aux habitans de Lubeclc a. À Rouen , on désignait encore, sous ce nom , tanSr 4f la maison où se réunissaient les bourgeois pc^ur l'élection des magistrats 3, tantôt certains droits cjtii se prélevaient sur les marchandises venant par eauu. lie maire affermait le droit de percevoir cette taxe à un bourgeois, qui prenait le nom de Hansier de la ville4. Les sommes que payait le fermier de cet impôt étaient principalement destinées aux indigens; elles servaient à doter les filles pauvres 5. Ce n'était
1 « Burgenses et merca tores Colouienses Hansam suara te***~ poribus retroactis hahere consueverunt. » Apud Rymer, l * la pars, 471.
2 Ibidem.
3 Voyez Hist. de lu Commune , 1ère partie, Pièces justifie^"-" tives , p. 336 et 337.
* Voyez Histoire de la Commune , l«re partie , p. 154; Accor*^^ entre la ville de Rouen et les moines de Jumiéges.
5 Dans une assemblée de la ville, où se trouvaient les échevin^ De la Ferière , Alorge , Mustel , Gaugy , Dubamel , on prit \m résolution suivante :
« Pour ce que jà piecà les Hanses de l'Eau appartenant à la ville de Rouen , furent ordenées pour donner aux povres , et à povres filles marier, nous, pour et au nom de ladite ville , avons ordené que le hansier de la dite ville payerait à la fille de Jehan Gougclin une Hanse montant à soixante sols pour lui aidicr à marier , laquelle Hanse lui sera employée à lui aidier à avoir une robe quant elle se mariera. » Archives municipales , Reg. des délibérations de 1394 à 1395 , V 15, verso.