CHAPITRE VINGT-TROISIÈME
* ^ss droits des Rouennais, et, entre autres, les privi- &*âges de la corporation des marchands de fEau%. XI n'en était pas de même des Parisiens ; ils voulaient «reconquérir le droit dont ils avaient joui, sous Philippe-le-Bel et sous Louis X , de conduire directement leurs vaisseaux jusqu'à la mer. Ils s'adressèrent au roi, et ils en obtinrent, en ^79, une confirmation de la charte de Louis X (i3 1 5), qui rendait libre la navigation de la Seine3. Les bourgeois de Paris, tout en exigeant qu'on les laissât passer sous le pont de Rouen, voulaient maintenir leur monopole sur l'Oise et le cours supérieur de la Seine. Ils arrêtèrent plusieurs marchands de Rouen qui avaient passé le pont de Mantes sans prendre Compagnie frauçaise. Il en résulta un procès devant le Parlement de Paris. Les Rouennais alléguaient leurs anciens privilèges de libre navigation dans tout le domaine royal ; les Parisiens opposaient à ces textes leur droit exclusif de navigation du pont de Mantes aux ponts de Paris. Us s'appuyaient sur des considérations qui devaient encore plus vivement faire sentir aux Rouennais combien ils étaient déchus depuis la conquête de la Normandie par Philippe- Auguste, a Cette ville , disaient-ils en
' Archives municipales, reg.^, f«» go verso, et 81 recto.
> Ibidem , reg. U , fb 164.
a parlant de Paris, est plus illustre que Rouen; « c'est la capitale de tout le royaume1.» Néanmoins le Parlement de Paris admit la requête des bourgeois de Rouen. Mais ce n'était là que le début d'un procès qui se prolongea jusqu'à l'époque où Charles VII abolit en même temps (i45o ) les privilèges des corporations normande et française, et proclama la libre navigation du fleuve dans toute son étendue2.
1 « Quod dicta villa nostra erat nobilior civitas et caput regni nostri. » Archives municip., reg.., f° 27 et suivants.
* Comme cette histoire ne s'étend pas jusqu'en 1450, et que nous n'aurons pas à revenir sur la lutte commerciale de Rouen et de Paris , nous donnons ici une indication aussi complète que possible de tous les documens d'une époque postérieure qui se rapportent à cette lutte , et en marquent les diverses phases. D. Félibien et M. Depping n'en ont indiqué qu'une partie :
1° Arrêt du Parlement de Paris rendu en 1385. 11 autorise les bourgeois de Rouen à remonter la Seine jusqu'aux Blancs- Murs , sans prendre Compagnie française ou parisienne.
2° 1388. — Doléance des bourgeois de Rouen contre la Corn.» pagnie française.
8° 1389. — Ordonnance de Charles VI , qui déclare que les bourgeois de Rouen ne pourront remonter la Seine jusqu'à Paris, sans prendre Compagnie française.
4° 11 février 1393 ( 1394) , arrêt du Parlement de Paris , qui confirme les privilèges accordés à la ville de Rouen par Philippe- Auguste (1207.)
5° 1395. —Requête des habitans de Rouen à Charles VI, pour demander l'abolition de la Compagnie française.
6° 1397. — Arrêt du Parlement de Paris , qui défend aux bourgeois de Rouen de remonter la Seine au-delà des Blancs-Murs , sans Compagnie française.