CHAPITRE TROISIÈME
il jugeait les délit» du commerce maritime , percevait les ajnendes qu'ils entraînaient, ainsi que les droits pour lies denrées apportées par Seine; il yen fia jt les poids' et mesurer, avait des sergens pour faire exécuter ses ordres, ejt pouvait réclamer tout corps^ trouvé eu la Seiue dans la banlieue fie Rouen1. Il y avait encore à Rouen des inaîtres d^s e^u^c et forêts, un maître des monnaies, uq procureur du duc et du pci chargé de veiller à la défense de$ prérogatives ducales et royales, un conseil du roi souvent cité dans les chartes, et composé yraiseu^ biablejnent c}ps principaux fonctionnaires, en un mot, M>ute uije hiérarchie d'ofïîciçrs royaume qui surveillaient Qt limitaient l'autorité fa uwtre et,de J^ Commune, ..,. ..... . ,j ,. . ., .... ..
C'étaient là ,de redoutables adversaires , mais le maire, U$ pairs çt la communauté tout entier^ des hau^tans de Rouen les .combattirent avec une; persévérance qui assura presque toujours leur triomphe. La querelle la plus importante et la plus vive, pendant cette époque, fut relative aux appels, des sentences, rendues par le maire de Rouen. Le$ chartes antérieures «'avaient pas déterminé devant quel tribunal ces appels seraient portés, et le baîllî s'en était emparé; IL pouvait ainsi casser à sou gré les jugemens du maire, et faire sentir rudement sa
1 Voyez les Coutumes de la vicomte de l'Eau de Hotte n.
supériorité à la Commune. 11 est probable que, jaloux, comme Tétaient tous les magistrats Totaux, des franchises municipales , il n'épargnait paà au maire les humiliations qu'il pouvait lui faire Subir; lenteur des procès, ajournemens multipliés,- frais énormes, vexations de toute espèce; tels* sont les griefs que le maire et les bourgeois de Rouen enfoncèrent contré le bailli, dans la plainte -cfu'Hs adressèrent, en? i34^ , a" duc Jean et à son père Philippe de Valois1. Ils demandaient, éoitimé mfôycô d'abréger les procès et de diminuer les frais8, que les appels des sentences du tnafrë fussent portés devant PEchîqiiier dé Normandie. If est difficile de croire que ce fut untnoyen de hâter la lenteur delà justice , car on voit les procès jugés par l'Échiquier se prolonger indéfinimëiit. Mais léi* magistrats municipaux armaient mieux relever des grands feudatairesde Noriftandieque du bailli de Roiïèn; H'*y avait pour eux plus de dignité à ne comparaître
;■,} a Les bailliz de nos prédécesseurs et de nous les ont trais et fait traire en tous caz de ressors et autres devant eulz et en leurs assises , et en Icéulx caz de ressors et autres les ont tenus et les tiennent souvent en longues, plaidoieries et travailliez et démenez par longues dilations et intervales dont ladite ville a soustenu et soustiènt plusieurs grans ooùz, frais et dommages, si comme il dient. » Charte du duc Jean , Archives municipales, tir. 2, n° 5. .
2 « Et pour lesdîtes plaidoierics eschiver leurs couz et dommages. » Ibidem. '