CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
chandeliers , ainsi que d'autres étrangers habitant la ville de Rouen, se disant fabricans et marchands de chandelle, prétendent avoir obtenu de nous certaines lettres contenant, entre autres choses, cette fausse assertion que le maire ej: ses prédécesseurs ont, de leur propre autorité et contre tout droit , fait l'ordonnance qui exclut les étran-* gers, et défendu injustement aux personnes citées de vendre leurs marchandises dans Rouen, S appuyant sur ces lettres, les chandeliers, ci-dessus nommés , se sout efforcés et s'efforcent encore , tous les jours, de vendre leurs marchandises dans cette ville, comme s'ils en étaient bourgeois, et veulent susciter au maire un procès devant vous, bailli , contrairement aux libertés et franchises de la ville , ce qui est un grave préjudice et dommage pour la Commune de Rouen. Les bourgeois ont supplié notre cour de Parlement de mettre un terme aux atteintes qu'ils prétendent avoir été portées à leurs privilèges. En conséquence, après un examen attentif des griefs énoncés, voulant assurer l'observation inviolable des libertés et franchise de ladite ville, nous vous mandons et, s'il le faut, enjoignons de procéder à une enquête, après avoir appelé ceux qui doivent y assister, et, si vous reconnaissez que la réclamation des bourgeois est bien fondée, faites respecter leurs privi-
léges , et maintenez les plaignans dans la possession et jouissance de leurs droits; ne permettez pas que ^ les chandeliers ci-dessus nommés vendent leurs ô. marchandises dans la ville, si ce n'est aux jours de ^^ marché; employez, pour les contraindre à obéir ^ tous les moyens autorisés par les lois , nonobstant *{ les lettres contraires subrepticement obtenues. TeC si a été le jugement de notre cour. Donné à Pari»—» en notre Parlement le a3 novembre i364< *
Cette ordonnance proclamait hautement l'auto
rite du maire sur les corporations, mais elle ne fu ^ pas toujours respectée. Quant aux, corporation^^ elles-mêmes, elles subirent, pendant cette époque -==>
plusieurs modifications. Nous analyserons suçces&i
vement les chartes qui les concernent; c'est 1^^^ meilleur moyen de faire conuaître la situation d commerce et de l'industrie rouennaise pendant 1 règne de Charles V. Les changeurs formaient danscette ville une corporation puissante. Au milieu de la variété des monnaies employées à cette époque,, et dans une cité où le commerce attirait un grand nombre d'étrangers, il fallait souvent avoir recours au change. Les fraudes, devaient être communes, et d'autant plus difficiles à constater, que les monnaies avaient peu de fixité. Déjà, en i3a5, des plaintes avaient été portées contre des changeurs à faux poids, qui s'étaient établis dans la rue de