CHAPITRE VINGT-SIXIÈME. 1364—1580. m
nable. Cette réforme morale donnait au clergé plus de puissance sur les esprits. Il avait d'autant plus d'influence, qu'il se renfermait dans ses devoirs et ne cherchait pas à empiéter sur le pouvoir temporel. Sa juridiction ne s'étendait pas au-delà de Yaftre ou cimetière de la Cathédrale. Là il exerçait une puissance incontestée, et nous le voyons en user pendant cette époque. Dans la séance du 27 niai «379, le Chapitre condamne à une amende de deux francs une femme nommée Alice, qui, dans le cimetière de la Cathédrale, avait injurié Jeanne La Bougresse: un franc devait revenir au chapitre, et l'autre à la femme injuriée '. La Commune ne songea pas à attaquer l'autorité ecclésiastique, qui se renfermait dans les bornes légales. Il semble même qu'il y eut, pendant cette époque, accord parfait entre le Chapitre et la bourgeoisie. On les voit se concerter sur les mesures à prendre pour la défense de la ville a . Les mêmes familles fournissent des magistrats à la Commune , et des dignitaires au chapitre. Nous retrouvons, parmi les chanoines de cette époque,
1 « Taxata fuit eruenda per dictos dominos suprà Aeliciam ad unum francum applicandum capitulo pro co quod ipsafecit pi ura ju rameuta in cymitcrio ecclesise hujus Johannse La Bougresse , et etiam taxata fuit pcr ipsos enienda super dictam Aeliciam ad unum francum applicandum Johannae La Bougresse.» Reg. capit., de 1377 à 1384, f° 69, verso.
' Voyez plus haut , chap. XX, p. 312-313.
UMIMLîXli IIK Iton-.N* II' l'ARTIL.
les noms des D u Vul-Richer, des Du Base , des Muslel, des Silûer ville, qui figurent s» souvent dans notre histoire communale. Nicolas Oresme lui-même, quoique étranger a noire ville, avail su y conquérir un grand ascendentsur la bourgeoisie, par sa réforme morale, par la supériorité de son intelligence, par son crédit près du roi, et surtout par les principes qiùl a vait soutenus eu matière de monnaies, principes si favorables au commerce J, Aussi, jamais on ne vit régner pi us d'harmonie entre la Commune et. le clergé. Celui-ci n hésita même pas à sacrifier quelques privilèges ecclésiastiques, quand ceux qui voulaient eu protitersYn rendaient indignes par leur eondui le. Nous en trouvons un exemple renia rqtnible en 1370.
Plusieurs de ces clercs séculiers, dont nous avons parlé, et entre autres Henri de Piémont, de ta p;i~ roisse Saint-Lo de Rouen, et Jean Ellie, de la paroisse de Saiut-Étienne-la-grande-Eglise, avaient pris à ferme pour un an , en 1 368 , la charge de courtiers de draps dans la ville ri banlieue de Rouen, moyennant une somme de deux cent quaranle-sk livres tournois, qu'ils devaient payera Pâques et à la Saint -Michel *. Ils contractèrent
1 Voyez plus haut , ebap, XX V, p- 399, l'analyse du traité de [S. Or es me, sur Les monnaies.
3 « Henrïcus ei Johannes singularitcr et singuli spnnlc recoîfnovenint et ronfetsi 511 ni se récépissé ad Armani , u^rgtià nd