CHAPITRE VINGT-SIXIÈME
Nom avons insisté sur cet accord du clergé et de **» bourgeoisie, heureuse exception dans l'histoire ^crle notre Commune. Cependant, tous les membres du ■^clergé de Rouen ne suivirent pasl'impulsion donnée sut chapitre par Nicolas Oresme; il y en eut qui ^•estèrent fidèles à la cause de leurévêque exilé, et ^jui soutinrent une lutte très vive contre le bailli de IRouen, Oudard d'Attonville, que les historiens ecclésiastiques accusent d'une hostilité acharnée contre le clergé1. Un cartulaireduxiv* siècle, conservé dans nos archives a, porte l'empreinte de l'irritation de ces clercs. Ils qualifient les actes du bailli d'attentats contre la juridiction ecclésiastique. Mais il est probable que les torts étaient réciproques ; c'est du moins ce qui résulte d'une charte de Charles V, rendue à la sollicitation du pape Grégoire XI et destinée à mettre un terme à la querelle
«lue tous avez à nous et si chier que vous désirez à nous faire plaisir , que à ce faire vous vous veuillez assentir, et ce gracieusement et plainement octroicr et tellement que nous soions tenus à le recognoistre en temps à venir, se le cas s'offroit , et que nous vous en doions sçavoir gré , et nous rescriviez au plus brief que vous pourrez ce que faire eo vourrez. Donné au Boyz de vincennes , le XIe jour de novembre. *
* « Odoardum de Attenvillâ (met. Atton villa) ecclesîastico ordini per quàm infensum. » Gallia christiana , xi , 82.
* Ce cartulaire en parchemin a été commencé par les ordres de Philippe d'Alençnn ; il porte Ici armes d'un prélat do xvn* siècle, François de Harlav.
438 COMMUNE DE ROUEN. lh PARTIE.
du bailli et des partisans de Philippe d'Alençoi — Voici le sens de cette lettre1 : « Charles, par Y . grâce de Dieu , roi des Français, pour la mémoic-* perpétuelle de la chose : un différend s'est élevé entre notre bailli de Rouen , notre vicomte et nos officiers d'une part, et de l'antre l'archevêque, l'official et ses officiers, à cause d'ordonnances publiées sur des matières ecclésiastiques, inhibitions et arrêts rendus en notre cour de parlement, tandis que, de leur côté, l'archevêque, Pofficial et leurs officiers avaient porté plusieurs sentences au préjudice de nôtre juridiction temporelle. Des commissaires députés par les deux parties ont long-temps examiné et discuté la questiou, et notre Saint-Père en Jésus- Christ, le souverain pontife (Grégoire XI), nous a instamment prié de porter remède aux troubles de l'Église de Rouen, tant à l'occasion de l'ordonnance rendue en matière ecclésiastique, que sur tous les autres points. "Nous, voulant marcher sur les traces des rois de France nos prédécesseurs, et maintenir en leurs libertés et franchises les églises de notre royaume, et spécialement l'Eglise de Rouen, pour laquelle nous avons une dévotion toute particulière, nous faisons savoir à tous, que nous déclarons et ordonnons qu'il soit reconnu que les faits ci-dessus
• Archives département., Carlulnire de Philippe d'Alençon.