CHAPITRE VINGT-SIXIÈME. 1364—1508. 4S
Mentionnes n'ont porté aucun préjudice à l'Église ^e Rouen ni à l'archevêque pour sa juridiction ecclésiastique, et que, dans la suite, ils ne seront pas i nvoqués contre lui , et que , d'un autre côté , les atteintes portées par la justice ecclésiastique à notre autorité temporelle ne pourront nous être préjudiciables, ni pour le présent ni pour l'avenir, mais que tout restera dans la position où les choses se trouvaient le Ier juillet 1372. Quant aux biens qui ont été saisis, ils seront rendus par respect pour le souverain pontife, et, afin que cette ordonnance soit stable et durable, nous avons fait apposer notre sceau aux présentes lettres. Donné dans notre château de Vincennes, au mois de juillet i3y5, et la douzième année de notre règne. » Ce qui résulte principalement de cette charte, c'est la distinction nettement établie entre les deux juridictions; c'est une nouvelle application du principe que saint Louis avait voulu faire prévaloir ï.
Heureusement, ces querelles ne furent qu'une exception, et ne troublèrent que peu de temps la tranquillité de Rouen. Ainsi, sous tous les rapports, l'époque de Charles V fut , pour notre Commune comme pour la France entière, un intervalle de repos et de prospérité entre les désastres de Jean et la tyrannie des oncles de Charles VI. Le IN a va r-
1 Voyez prem. partie , chap. IX , p. 159.
4*0 COMMUNE DE KOI EN. If PARTIE.
rais vaincu, les Compagnies éloignées, l'Anglais expulsé, tels furent les premiers résultats de ce règne. Le roi vainqueur sut modérer, par la sagesse de son caractère, le despotisme des officiers royaux et garantir les libertés communales. Le commerce prospéra, et, grâce à la sécurité publique, prit un développement immense, qui ne s'arrêta plus même aux limites du monde connu. Enfin , tous les ordres , soumis à la loi et se renfermant dans les bornes de leurs droits, vécurent en paix sous un pouvoir ferme et modéré.