‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 187 sur 238 · CHAPITRE VINGT HUITIÈME. 1582—1584. US · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT HUITIÈME. 1582—1584. US

mens les plus divers agitèrent la ville. Les uns, que le chroniqueur contemporain traite de complices du crime de rébellion x, voulaient qu'on ne reçût pas le roi avec la pompe usitée en semblables circonstances, ou même qu'on lui fermât les portes jusqu'à ce qu'il eût promis une amnistie complète. Mais celait un parti dangereux, et que repoussa la majorité des bourgeois. Cependant , l'hésitation seule blessa le roi, qui en fut instruit; il ordonna d'abattre la porte Martainville par laquelle il devait faire son entrée. Il s'avança ainsi par la brèche, accompagné de son armée, et dans un appareil menaçant. 11 se rendit d'abord à la Cathédrale, puis, suivant la Grande-Rue, il passa près du Beffroi, et fit enlever la cloche qui avait donné le signal de 1 émeute et qu'on avait constamment sonnée pendant la journée de la Harelle. Il ordonna ensuite aux bourgeois de. porter sur leurs épaules a , au château, toutes leurs armes et les chaînes qui, à cette époque , étaient tendues à l'extrémité de chaque rue, pour arrêter la cavalerie féodale et assurer la sécurité de la ville d. Ces ordres parurent

* « Complices perpctratoruni seelerum principales. oMonacbus S. Dionysii, éd. Bellaguct, I, 144.

> « Propriis huuieris déferre. » Idem, ibid. 3 Nous trouvons la preuve de l'enlèvement des chaînes dans un acte postérieur, qui en autorise le rétablissement. V. mon Hist. de Rouen sous la domination anglaisé, Pièces justiticat., p. 1 et 3.

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bien durs, tua» cependant le» bourgeois obéirent. Lorsqu'on les dut ainsi désarmes, on comme-nça à ^ procéder contre eux: tfvee ftne gr«f)dê sévérité. Oter^ sévit Sabord contre les auteurs de émeute) tôu^s- s deux qui n'avaient pas prévenu parte fuite la ven •■ gèttâce royale , furent > ti<mcfottinés>& rjiok et «fcé -■ cutés suHa place publique le lëndëtoilûn'idê JVfr — tr&dn roi. Mafsohnîè ^arrêta pafif-tfU'chitîAici» t dès liabïtans qui avaient pria Utffe pfiirt téèlle à l*i«. smretfiôn. Onreptodia à tdUte là bdurgfc6iaiéi&» feibléssèet son inaction. Oit abolit la GdmrttQflfe^* le» privilèges dont elle jouissait ; toute l'ornaiaatktt ibuiiicipale, les dignités1 de inàire, âepatot* dé prud'hommes ,- furent supprimée* } ondttuùta le?^ franchisés de* 'corporations d'art* et ihétîers. Eiri un mot, on bouleversa toilte la constitution muni — ■ cipale, et, selon l'expression du temps, le roi-mr& sûus sa main la ville de Rouen et l'abandonna ; ses officiers. Ceux-ci la rançonnèrent ithpitoyable nient. Ils lui imposèrent une amende de Sôixanta mille francs ", qui équivalait à plus d'un -million de monnaie* actuelle,' et exigèrent le paiement immédiat de vingt-cinq mille francs. On ne savait ois s'arrêteraient ces vexations et ces actes tyrânnique qui menaçaient de ruiner la ville, et anéantissaient

1 Archives municipales , tir. 3, n° 2.

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