‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 188 sur 238 · CHAPITRE VINGT-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUITIÈME

son commerce. Les Rouennais devaient tout craindre des. oncles du roi, dont l'avidité était connue, et qui voulaient dépouiller la France pour aller pro* diguer ses trésors, l'un, le duc d'Anjou, à Naples, un autre, le duc de Bourgogne, en Flandre; un troisième, le duc de Ben y, dans la. construction de palais splendides» Chaque bourgeois. tremblait pour lui-même, ne sachant où s'arrêterait un despotisme avkle que rien ne pouvait assouvir. Heureusement , la religion vint au secours de la ville infortunée. On était alors dans la semaine sainte, et le clergé supplia Charles VI et ses oncles, au nom de la. réconciliation universelle prêchéepar le christianisme, de pardonner à une ville qui avait déjà si cruelle-* ment expié. un jour. d'égarement. Enfin, le 5 avril i &8a , veille de Pâques, on publia une charte royale qui accordait, pardon et rémission à tous les Aoueonais, en exceptant toutefois içs fugitifs et les prisonniers. Le roi s'engageait solennellement à ne jamais poursuivre les bourgeois pour les troubles, de la Ha relie, et ordonnait à ses officiers de les laisser jouir pleinement du pardon qu'il leur accordait; mais il maintenait la suppression de la Commune et l'amende dont ou avait frappé la ville l . Cependant la bourgeoisie s'estima heureuse d'obtenir une

( Archive» municipales, tir. 3, *»" 2 et 8 ; voyea te texte, aux Pièces justificatives, n° IV.

US COMMUNE DK ROUtiN. II* PAITIE.

grâce même achetée à si haut prix , el :Gh*rles VI quitta Rouen pour aller exiger de Paris une anaend de cent mille livres.

, Mais il ne suffisait pas, aux yeux des oncles di. \

roi, de punir ainsi quelques villes; il {allait dé — traire le mal jusque dans sa racine. : C'était, «b^ej Flandre qu'était le. foyer des insurrections popu. — laires '; c'était là qu'il fallait l'étouffer* Ans», Charles VI, cédant toujours aux -conseils de secs oncles et principalement de Philippe, duc de Boutr1gogne,quiavaità cette expédition un intérêt direct, se mit-il en marche pour la Flandre. Là devait; && vider la querelle d'une manière décisive. Les Flamands avaient sur pied une nombreuse armée, çt étaient animés par le souvenir de plusieurs victoires * Si l'on en croit Froissand, toutes les sympathies des Communes françaises étaient pour les insurgés ? à Rouen, à Orléans, à Blois, d'après ce chroniqueur, on n'attendait que la nouvelle de la défait ^ du roi, pour se soulever et égorger les nobles *• Il paraît que les Rouennàis, malgré la sévérité qu'» * avait déployée à leur égard, étaient loin .d'ôtr-""*

1 « Sic temerarium au su m malignandi non solùm Rothom-^^" gensis, sed fexè totus popu lus Francise assumpserat , née m^ '" nori agitabatur furiâ, et, ut fa ma publica referebat, per Flr^^* mingos, qui peste similis rébellion i s laborabant, nuuciis <^*& apicibus excitatus.» Monac. Sancti-Dionysii,ed. Bellaguet, I, ibi^^'

* Froissard , liv. 11, chap. 187.

Page 1