‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 194 sur 238 · CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME. 1585 — i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME. 1585 — i

Telle était la déplorable situation de Rouen après la Harelle : rançonnée par les officiers royaux, en proie aux violences nocturnes, et, pour comble de malheurs, privée en grande partie du commerce, qui avait toujours fait sa richesse et sa force.

Il était impossible qu'une perturbation aussi grande que celle qu'entraîna la Harelle, l'emprisonnement et*le supplice d'un grand nombre de bourgeois, l'occupation de la ville par les troupes royales , les amendes énormes dont on écrasa les Rouennais, n'entraînassent pas une désorganisation momentanée de l'industrie et du commerce. D'ailleurs, la plupart des corporations industrielles avaient reçu leurs statuts du maire; c'était ce magistrat qui maintenait la stricte exécution des règlemens, et, lorsque la mairie fut supprimée , beaucoup de corporations, qui supportaient avec peine le joug des statuts, saisirent cette occasion pour le secouer. C'est ce que constate l'ordonnance

ou temps passé, depuis que In mairie d'i celle ville et banlieue de Rouen fu en la main du l\oy, tant en murdres, larrecins, roberies, bateries, bris et romptures de maisons, fortunes de feu que autrement, en deffaute de ce que depuis le dit temps il n'y avoit eu ne avoit de présent permission de guet ne de garde comme par avant, et que en continuant de mal en pis plusieurs s' estaient efforciez ou- voulu ou vouldroient efforcier à faire ou commettre de nuit en la dicte ville moult excès, oppressions et oultrages aux bourgois, manans et habitants d'icelle ville » Archives départementales, trésor de Saiut-Nicaise.

été enlevées par ordre du roi et portées au château ; Rouen ne les recouvra qu'à une époque postérieure1.

Les courtisans voulurent profiter de l'état d'affaiblissement où était tombée la ville, pour y faire rétablir eu leur faveur les monopoles que la Commune avait énergiquement combattus3. Le roi trouvait, dans la création de ces monopoles , un moyen facile et économique de récompenser ses serviteurs. Ainsi, par une charte du 27 octobre 1 390, il donna à son éçujer de cuisine , Henriet de Joigny, la ferme des petits paniers de poisson, qui avait jadis appartenu au maire 3. L'écuyer tranchant pouvait, grâce à cette concession , se faire un revenu considérable, en affermant la vente du poisson de mer. Vainement la ville protesta contre ce monopole; le roi, par une seconde charte datée du a novembre 1390, confirma sa donation4. Alors, les valets de cuisine, leséchansons et autres, se firent donner les fermes lucratives, qui appartenaient autrefois à la Commune. Le 1 1 octobre 1 395 , Jean Le Verryer , barillier de Céchanson-

' Archives municipales, reg. -, folio 144 recto.

• Voyez plus haut , Histoire delà Commune, deuxième partie, chap. xv, p. 229 et 230.

3 Archives municipales, reg. des délibérations, séance du 7 novembre l39o.

4 Ibidem.

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