‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 196 sur 238 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

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«a Commune de Rouen était su P* [primée, les habitans ruinés p5=^-^v lies impôts, le commerce anéant^-^1' et , cependant , telle était Fénerg ie i vitale de la population rouennais^^" c' quelle se releva de tant de calamités. Le pouvoir,"■^^, mieux conseillé et comprenant l'importance d'un— -^e pareille cité . lui rendit une partie de ses privi léges. Il établit une nouvelle administration mu nicipale , qui était loin , dans le principe , d'avoi ^ la puissance de l'ancienne Commune, mais qui fini ^ par se rendre presque indépendante. Enfin, le com— ' merce et l'industrie prirent un nouvel essor, et ver—

CIIAIMTRK TitEXTlÈAlK. 15*3-- 1418. 475

aèrent de nouveau leurs richesses dans Rouen. C'est à cette réorganisation de la bourgeoisie rouennaise que nous allons assister. Elle est le complément indispensable de notre histoire. Elle prouve que, si la forme communale fut utile pour assurer la puissance populaire et la fortifier par Fanion , elle ne lui était pas indispensable, et que le mouvement imprimé continua sous une nouvelle constitution. Un «les premiers soins île la bourgeoisie, lorsqu'elle commença à revenir de l'effroyable secousse qui avait brisé la Commune , fut de demander la confirmation des propriétés de la ville acquises par tant de labeurs et d'efforts. Dès 1 383 , le bailli reconnut que la ville était légitime propriétaire des moulins1; quelques années plus tard, il proclama la validité de ses prétentions sur plusieurs places, et une partie des quais2. C'était peu de ne pas dépouiller les bourgeois de leurs biens communaux, il fallait leur donner les moyens de les administrer , .et par conséquent rétablir des magistrats municipaux. A la suite de l'émeute , le pouvoir de la Commune avait été transféré tout entier aux officiers royaux, et spécialement au bailli et au capitaine de la ville. Ce dernier était alors Guillaume de Belengues, nommé à l'époque de la première

1 Archives municipales , tir. 89.

1 Archives municipales, rcg. £, folio 82 verso.

47* COMMUNE DE ROUEN. Il* PARTIE.

émeute , le 6 avril 1 38a , pour veiller à la garde du château de Rouen et de la forteresse de Sainte- Catherine, et chargé de commander la milice bourgeoise f. Mais, comme les officiers royaux ne pouvaient s'occuper activement de l'administration municipale , la ville fut autorisée à nommer d'abord quatre et ensuite deux procureurs pour la représenter et s'occuper de ses affaires. On établit en même temps des receveurs , et douze conseillers ou échevins. On leur confia, en 1 385 , la surveillance des halles et des moulins*. On leur remit ensuite une des trois clés du chartrier, où étaient déposés les titres de la ville3; les magistrats royaux s'en étaient emparés à l'époque de la Harelle. En même temps que les échevins administraient les biens de la ville , il fallait un magistrat chargé spécialement de veiller à la défense de ses droits , de porter ses plaintes au pied du trône et de suivre ses procès. Telle fut la mission du procureur unique qui succéda aux premiers procureurs de la bour-

1 Archives municipales, Reg. des délibérations, séance du 29 juillet 1396. La dignité de Capitaine de Rouen avait été établie par une ordonnance de Philippe-le-Long, en date du 16 mars 1316. ( Ordonn. des Rois de France , I, 635. ) Elle avait été réunie à celle de maire pendant une partie du xivc siècle, surtout sous le règne de Charles V, qui avait voulu laisser aux bourgeois et à leur chef le soin de garder et défendre la cité.

* Archives municipales, tir. 255, n° 1.

3 Ibidem, reg. ", folio 53 recto.

CIIAP1TKE TRENTIÈME. 1385— 141 H. 47*

^eoisie *. On lui remit les deux clés du chartrier,

qui étaient restées entre les mains des officiers

royaux*. Enfin, vers i38<), Charles VI enjoignit

à son bailli de restituer aux bourgeois la cloche du

beffroi et les chaînes que l'on tendait à l'entrée des

rues ; il leur rendait en même temps les droits

de hanse perçus sur les marchandises importées

dans Rouen3. C'était beaucoup pour une ville

naguère tombée si bas, et , quoique, dans la suite

on ait tenté de lui enlever une partie des avantages

qu'elle avait reconquis , elle était évidemment en

voie de renaissance. Elle releva sou beffroi rasé

par ordre de Charles VI4, et Jean de Bayeux,

maître des œuvres (architecte) de la ville, fut

chargé d'en diriger les travaux.

Quant à l'administration des échevins qui présidaient à cette renaissance de la cité, elle ne fut complètement organisée qu'en i3c)i. Plu* sieurs essais furent tentés pour la constituer ; il y eut d'abord douze échevins, puis huit. On revint ensuite au nombre de douze5. Mais il était difficile de les réunir, et on reconnut qu'il fallait les réduire

1 Archives municipales, tir. 380, n. 1 .

1 Ibidem, reg. U, folio 39.

3 Ibidem , reg. H, folio 131.

* Ibidem, reg. des délibérations, séance du 5 août 1389.

' Ibidem, séance du 3 août 1389.

476 COMMUNE DE ROUEN. IIe PARTIE.

à six. Le 3o août 1 389 , une assemblée des centeniers , cinquanteniers , dixainiers , et autres notables bourgeois, au nombre .de cent quarantequatre, se réunit sous la présidence de Jean de la Tuille, bailli de Rouen ; il fut décidé que six échevins suffiraient au gouvernement de la ville, et qu'on leur allouerait un traitement annuel de vingt livres tournois par échevin. Il paraît que cette mesure ne fut pas approuvée par tous les liabitans. En effet , quelques jours plus tard , un bourgeois , nommé Robert Desmarest , fut forcé de faire amende honorable pour avoir dit qu'on devrait pendre ceux qui demandaient des gages pour les échevins1. En accordant une indemnité à ces magistrats , on fut en droit d'exiger d'eux plus d'exactitude. Il fut décidé que lorsqu'un échevin, dûment convoqué, ne se rendrait pas au conseil , il paierait une amende de cinq sous tournois , qui re vert irait au profit des échevins plus exacts'. Ce furent Jacques Filleul , Jean Mustel , Pierre de la Perrière , Guillaume Alorge , Guillaume de Gaugy , et Robert Du Ilamel3, qui inaugurèrent Yéchevinage réorganisé , et commencèrent à administrer la ville avec un peu plus de fixité, mais

1 Archiv. munie, reg des déliber., séance du 2 sept. 1389.

2 Ibidem , séance du 7 octobre 1389.

3 Ibidem.

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