DEUXIÈME PARTIE
Îàïïs la première partie de cette ^Histoire , nous avons vu la comjmuue de Rouen conquérir une existence indépendante. Elle a \ obtenu , aux xii* et xin* siècles, des privilèges commerciaux d'une haute importance, et aussi une constitution libre, le droit d'élire ses magistrats, d'avoir sa juridiction particulière, et de ne payer que les impôts votés par les bourgeois. Mais, pendant toute cette période, elle ne joue aucun rôle politique. La royauté, qui Fa protégée d'abord , puis maltraitée sous Philippe-
2 COMMUNE DE ROUEN. Il* PARTIE.
le-Bel, n'avait jamais trouvé en elle une rivale dangereuse. Il n'en fut pas de même au xive siècle. Sous les premiers Valois, et principalement sous le règne de Jean, les communes, et entre autres celle de Rouen, exercèrent une influence exorbitante, et l'excès même d'un pouvoir violent et mal dirigé amena une réaction funeste à la bourgeoisie. Cette nouvelle position du pouvoir communal exige une méthode nouvelle dans le récit des faits. Nous exposerons d'abord la situation extérieure de la commune sous chaque roi , ses rapports avec l'autorité centrale , la part qu'elle prend aux grandes guerres qui ensanglantèrent la France pendant toute cette période; puis nous raconterons son histoire intérieure , les variations de son organisation municipale, les progrès de sou commerce et de ses corporations, et enfui ses luttes avec lé clergé et les seigneurs féodaux. L'abondance des doc u mens nous permettra de traiter chaque règne plus complètement que dans la première partie, et de suivre le développement progressif de Rouen, dans son administration et son commerce intérieur et extérieur.