‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 3 sur 238 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

3pcrru de l'Ijidtoire communale de Hoiten au xiv «icrle. — Rctabliooement du durljé de ttormanbie. — €tot« de ttor* mandie. — Confirmation de* prioilégco de la rommune de Rouen. — projet de drorcntc en Angleterre. — 3noaoion de* cinglai» en ttormandie. — Gonredoiono faite» au* commune* par le pouvoir royaL

|rE xive siècle est 1 époque où le 'pouvoir communal se développe |avec le plus d'éclat. La royauté, Jque Philippe-le-Bel avait élevée 'si haut, décline déjà sous ses fils; l'imprudence et l'aveugle audace des Valois achèvent de la compromettre sur les champs de bataille deCrécy et de Poitiers. L'aristocratie féodale s'abandonne à une fatale impétuosité; son indiscipline est la principale cause des désastres de la France. Alors, le peuple placé entre ces deux puissances ,

la royauté et la féodalité , dont la décadence est si visible au xive siècle , le peuple tente de saisir le pouvoir. La commune de Paris , dirigée par Marcel , veut un instant gouverner la France. Avec des prétentions moins élevées, toutes les communes aspirent à la puissance politique; celle de Rouen se signale par la violence de sa conduite. Le peuple, à la tête duquel on remarquait la grande corporation des drapiers, venait de prendre part au gouvernement communal en vertu de la nouvelle constitution '. Les foulons, les cardeurs de laine, et les autres corporations, non moins turbulentes, montrèrent l'impétuosité, souvent aveugle et funeste, qui entraîne les masses. De là une résistance parfois injuste aux exigences du pouvoir; de là ces émeutes qui amenaient de sanglantes réactions. Mais il faut reconnaître que si la passion entraîna trop loin la commune , ses violences étaient provoquées par un gouvernement inepte et tyrannique. Sans rappeler la honte de Crécy et de Poitiers, le pays livré à toutes les horreurs de la guerre, la famine, la peste s'ajoutant h ces misères, on ne peut oublier les variations continuelles du numéraire qui ruinaient les marchands, et les impôts excessifs qui accablaient les bourgeois. Une ville de commerce, comme Rouen, dut vivement ressentir ces calamités; elle les

1 Voyez première partie , chap. XIV , p. 228.

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