‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 200 sur 238 · CHAPITRE THENTtÈMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE THENTtÈMK

le parti d'Orléans ou d'Armagnac. Quelques séditieux égorgèrent, en f 4 1 7» le bailli Raoul de Oaticourt , et son lieutenant Jean Léger. Maîtres de Rouen, ils rétablirent la mairie et la donnèrent à un avocat, Jean Segneult. Celui-ci, dans ses actes officiels, s'intitulait : Jeun Segneult ayant le gouvernement de la justice et juridiction de lu mairie. La capitulation de Rouen avec les Anglais le désigne sous le nom de maire. Ainsi, défait, l'insurrection dirigée par Alain Blanchart releva la Commune1. Mais ce fut pour peu de temps. La ville tomba bientôt sous le joug des Anglais , qui n'auraient pas toléré une magistrature populaire trop puissante. On en revint au gouvernement des éclievins, qui subsista à Rouen jusqu'au temps où Louis XIV rétablit une ombre de mairie , simple délégation de l'autorité royale. Cependant, le souvenir de l'ancienne et véritable mairie ne s'effaça pas entièrement de la mémoire des Rouennais. Plus d'une fois, ils en réclamèrent le réta^ bassement , surtout à l'époque de Henri IV*. Ces tentatives échouèrent, mais il faut du moins reconnaître que, depuis la Harelle, les bourgeois avaient réussi à effacer les traces de l'insurrection , et à

1 Voyez , pour les détails, V Histoire de Rouen sous la Domination anglaise, chap. II , et Pièces justificatives , p. 35. 3 Archives municip. , reg. des délibér. ; séance du 5 juillet 1599.

4M COMMUNE DE ROUEN. .11» PAfcTIS.

reconstituer une administration régulière. Six échevins, un receveur et un procureur, formaient le pouvoir exécutif, et , en même temps , le consei ordinaire de la ville. Us s'adjoignaient, une fois par semaine, les avocats pensionnaires de la cité , les quarteniers et d'anciens échevins , et constituaient ainsi le conseil des vingt-quatre. Enfin , dans les circonstances graves , on réunissait une nombreuse assemblée de gens d'église, officiers du roi, notables bourgeois, qui venaient éclairer les échevins et l'es fortifier de leur autorité. Ce fut avec cette constitution, moins puissante que l'ancienne Commune, mais encore énergique et indépendante , que se développa la prospérité industrielle de Rouen , et que notre ville se mêla , non sans gloire, aux destinées de la France. Nous ne nous proposons pas ici de suivre Rouen dans cette nouvelle carrière. Nous avons seulement voulu montrer que sa destinée ne dépendait pas de la forme communale , et tracer à grands traits l'organisation de la nouvelle constitution municipale.

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