‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 199 sur 238 · CHAPITRE TRENTIÈME). i385~M4ft · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTIÈME). i385~M4ft

grands officiers bouteillier, bannelier et cordon* nier de France , de prélever aucuns droits sur les taverniers, boulangers et cordonniers de Rouen '. En un mot, la ville parvint à échapper à l'avidité de tous les officiers royaux. Elle fit confirmer lai plupart de ses anciens privilèges, et nous voyons qu'au commencement du xve siècle le titre de bourgeois de Rouen était de nouveau recherché. Un Lombard se présente, en i4o5 , devant le vicomte de l'Eau de Rouen , et déclare qu'il désire obtenir le droit de bourgeoisie dans cette ville. Il s'engage à payer les tailles et les aides , et à se soumettre à toutes les charges de la cité. On convient qu'il habitera à Rouen pendant un an et un jour, comme forain, et qu'après ce temps d'épreuve, il deviendra bourgeois , et jouira des privilèges attachés à ce titre*.

Les échevins, tout en s'occupaut d'assurer h la ville des libertés importantes, ne négligeaient rien pour rétablir, à l'intérieur, l'ordre et la sécurité troublés par les dernières émeutes. Il était indispensable, pour y parvenir, de réorganiser le guet. Les magistrats municipaux , après plusieurs tenta-* tiyes infructueuses3, y parvinrent enfin en i4°7-

1 Archives municip. , reg. £, folio 178. 9 Ibidem , reg. 2 , folio 202 verso.

3 Ibidem, reg. des délibérations ; 10 mars 1360 et 4 mai 1390. ir. 3i

4vi

Une assemblée nombreuse > où assistaient, avec les echevins, le procureur du roi , les gens de justice, et In majeure partie des notables j décida qu'on rétablirait le guet rie nuit* On lui assigna six. postes, à Saint-Vivien , au bout du pout de Seine , aux balles, au Vieux-Marché, à Saiot-Nicaise et au port Morant (près de la Calende)1. Il fallait un Impôt pour solder le guet; ou taxa chaque propriétaire d'une maison à pignon à deux sous tournois par an* Les clercs non mariés et sans bénéfices ne devaient payer, ainsi que les veuves, que douze deniers tournois. Les clercs jouissant de bénéfices étaient entièrement exempts d'impôts pour les maisons qu'ils occuperaient; ils paieraient seulement douze deniers pour celles qu'ils loueraient *« Ainsi, après avoir traversé de rudes épreuves , la ville se releva sous une administration régulière. L'ordre se rétablit et ramena peu à peu la prospérité commerciale, si dangereusement compromise par les derniers troubles. Malheureusement, les passions populaires ne se contentèrent pas de ce retour à une tranquillité régulière. Au milieu de l'anarchie causée par les guerres civiles, la bourgeoisie rouennaise prit parti pour la faction bourguignonne contre

1 Archives iunntcîp., reg* des délihcV.; séance du i i juin 1407,

* Archives déptrteviontaleà, trésor de St-Nicaise; lettre du

Hailli MME trésoriers de St-WïcAÏsc pour le réuhltateffientdu ff«et.

Page 1