‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 203 sur 238 · CHAPITRE TRENTE UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE UNIÈME

leurs vins, leurs huilés, leurs cuirs, etc. Tous les navires s'arrêtaient au port de Rouen. Car les bourgeois maintenaient avec vigueur leur droit d'iritercepter la navigation de lfr Seine. Dès le 8 janvier i3()o, des marchands flamands, qui transportaient par Seine les Vins de Bourgogne, sont arrêtés au passage du pont, et foncés dé reconnaître qu'ils ne peuvent le franchit qu'en s'âssociant avec un marchand rouennais et payant le droit fixé par les bourgeois *. De nombreux passages des registres municipaux attestent que, malgré les réclamations des marchands étrangers et des Parisiens, les Rouennais se maintinrent en possession du droit exclusif de navigation sur la Basse-Seine. Mais, de leur côté, les Parisiens les excluaient toujours de la Haute-Seine. La lutte des Compagnies française et normande continua avec acharnement pendant toute cette époque, quoique les Rouennais ne négligeassent rien pour obtenir mie solution favorable. Trois ans aptèsla Hârelle, le io juin i385, un arrêt du Parlement de Paris leur avait permis de s'avancer jusqu'au pont du Pecq, saris prendre compagnie française3. C'était le renouvellement d'un ancien droit que les Parisiens leur avaient contesté, mais les Rouen -

1 Archives municip. , reg. des délibérât. , 8 janvier 1389 (90.)

2 Ibidem , tir. 2 , n" 1 .

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uais auraient voulu obtenir des privilèges plu* étendus. Ils envoyèrent à Paris un des procureur» de la ville, Colin Le Roux, et un échevin, Guillaume Àlorge. Ils leur remirent l'original de la charte dç Philippe- Auguste ( 1 207 ) , et adressèrent une lettre au chancelier, pour le rendre favorable à leurs demandes '. Peu de temps après, le 1 a décembre i38g , on tint une assemblée générale des bourgeois , et l'on résolut de faire de grands sacri? fices pour triompher de la compagnie française1. On offrit des présens au chancelier et à maître Guillaume de Sens, un des présideus du Parlement, de Paris 3 ; mais, ni les présens , ni les dé-' marches les plus actives, ne purent triompher d'une puissante corporation soutenue par tous les marchands de Paris. Mais , du moins , les efforts même que Rouen tenta alors pour terminer cette vieille lutte, attestent que le commerce de cette ville s'était relevé et avait repris toute sa prospérité. Les corporations industrielles , un moment désorganisées, parvinrent aussi à se reconstituer. Ce ne fut plus, il est vrai , au maire et aux magistrats municipaux qu'elles obéirent, le bailli et le vicomte de Rouen leur donnèrent de nouveaux

1 Àrch. m un., reg.des délibér., 23octobreet l<*r novembre 1389. a lbid. , séances des 5 et 12 décembre 1389. 3 lbid. , 6 novembre 1396.

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