CHAPITRE TRENTE-UNIÈME. 1385— UiH
comme celles que nous avons citées, des détails techniques de telle ou telle industrie , mais d'une question plus grave, du droit que prétendait avoir tout ouvrier connaissant bien son métier de s'établir à Rouen et de l'exercer. Ce droit, les corporations privilégiées de la ville l'avaient combattu. Nous les avons vues, au xive siècle, repousser les étrangers qui venaient implorer un asile dans Rouen, et cherchaient à y vivre de leur industrie. Il avait fallu que le pouvoir royal couvrît ces malheureux de sa protection1. Dans ces circonstances , la ville de Rouen s'était développée malgré sa constitution, qui repoussait les nouveaux habitans. Ceux que Charles V la força d'accueillir peuplèrent les faubourgs et les nouveaux quartiers, qu'où entoura de remparts. La suppression de la Commune, ou peutêtre la dépopulation de la ville à la suite de tant de malheurs, ouvrirent les yeux aux Rouennais. Ils reconnurent qqe ce monopole odieux des corporations leur était funeste ; et, dans une assemblée générale de la bourgeoisie , tenue le 28 décembre 1 407 , on adopta des principes plus larges et plus justes. Les bourgeois se plaignirent vivement de certaines gens de métier qui ne voulaient pas consentir que les autres pussent en user comme eux ; ce qui tournait au grand dommage • V. plus haut , Htst. de la Commune, IIe partie , p. 396.
4M COMMUNE D£ ROUEN. Ih PAITIB.
et destruction de la ville1. L'assemblée se prononça pour l'abolition du monopole,- et demanda qu'à l'avenir tout ouvrier sachant un métier pût venir l'exercer dans Rouen, à condition que ses œuvres seraient soumises à l'inspection des gardes du métier*. L'année suivante, 1408, cette décision des bourgeois fut ratifiée par une- ordonnance de Charles VI3. Ainsi* l'industrie roueonaise, qu avait cruellement souffert des troubles, ne négligeait rien pour se relever! Elle sacrifiait juftqu'aua exigences d'un monopole qu'elle avait long-temp défendu. Grâce à l'activité de la population et aux mesures libérales qu'elle adopta, la ville ne tarda j à reprendre son ancienne prospérité.- Les. monu— — ■ mens qu'elle éleva, et l'ardeur avec laquelle elle^^ travailla à de nouvelles fortifications, suffirf»ent~r==3 pour l'attester.
Les premières violences qui suivirent la Harelle ^^ étaient à peine calmées, lorsqu'on commença à -^ élever la nouvelle tour du Beffroi*. On construisit ^=* ensuite, entre le» portés Guillaume-lion et Mar- —
,' Archives munidp . , Reg. def délibérât. , tésaoéda 18 décem- — |>rcH07.
» Ibidem.
3 Ibidem , Reg. £, f> 3S, et Ordamn. des rois de France, IX, 411. —
4 Archives manicip. , Reg. des délibérât. , séance du 19 juin -^