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taiiîville, une tour quarrée'j dont on voit encore une partie. On travailla avec ardeur aux fortifications3, qui avaient élé en partie ruinées à* l'époque où le roi était entré dans Rouen pour tirer vengeance de la première émeute. La porte Martatnville*' surtout; avait été entièrement rasée. On la reconstruisit , plus grande etgplus forte , d'après les plans de maître Jean de Baveux3. Les brèches faites aux remparts entre les portes Saint-Hilaire et Beauvoisine'furetU réparées 4. On construisit une grosse tour, pour protéger la porte Saint-Hilaire, et on l'appela tour du Colombier 5.
Ainsi, notre ville sortit de cette crise, plus forte et .plus vaste. Il semble que c'était sa destinée de puiser une nouvelle énergie dans chaque catastrophé. Après les invasions normandes et les troubles des' XIe et xne siècles , l'enceinte de Henri II; après la- prise de Rouen pai* Philippe- Auguste, l'enceinte dite de S. -Louis ; enfin, après les guerres du xive siècle > l'achèvement des fortifications. Nous par-
1 Archives municip», Ueg. «lesdélibér., séance du 5 avril .1394.
"*, Ihid., séance du 2G mai 1396. . [ ,
3 Ibid., iÇt mars 1^05. — Voyez Notes et documents sur PHist. de Rouen , par M. Ch. Richard : Fortifications, Porte Martainville.
* ibid., 24 avril 1407. " ' :
5 Ibidem , séance du 18 août 1408. — M. Ch. Richard , ihid.
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lous pour la dernière fois de ia topographie de Roueu pepdant l'époque communale; qu'il nous soit permis d'ajouter quelques mots pour résumer toutes les notions que nous a fournies, sur ce point, l'histoire de notre ville jusqu'à la fin du xive siècle. Si Ton jette les yeux sur le plan de Rouen annexé à celte histoire , on sera frappé de l'appareil lugubre qui entourait la ville dans ces temps reculés : partout des forteresses et des gibets , signe de la haute juridiction du roi et des royales abbayes de $aint-Ouëp , de Fécamp , du Bec , de Montivilliers. Ailleurs des marais croupissans, tels que lç Vivier de Martainville , ou des campagnes rappelant , comme le Champ du Pardon , de tristes souvenirs. Une triple enceinte de remparts, encore reconnaissables de nos jours à des débris de murailles ou signalés par des doeumeus authentiques, marque les progrès successifs de notre cité. D'abord limitée au nord par le fossé des Gantiers , à l'est par Robec , à l'ouest par la Renelle, elle avait quatre portes principales , les portes du Pont-de-Seine , de Robec, de Saint-Apollinaire et Massacre. Deux portes secondaires, la Poterne à l'extrémité occidentale du fossé des Gantiers, et la porte de St.-Léondrd, conduisaient, l'une vers le pays de Caux , l'autre à St.- Ouën, à St.-Hilaire, à la vallée de Darnétal. Deux rues principales traversaient cette première ville,
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la rue du Grand-Pont, et la rue de la Courvoisérie (Grande-Rue). La seconde enceinte, qui paraît avoir été définitivement tracée au xri* siècle, enveloppait au nord l'abbaye de St.-Ouën, et avait pour principale porte dans cette direction la porte d'Aube-Voie {Jlba Yia, la voie ou route blanche) , dorit le nom fait allusion au terrain crayeux de nos collines. La porte du Pont-Onfroy remplaça alors la porte de Robec; la porte de St.-Ouën succéda à la porte St. -Léonard, et, vers l'ouest, l'église St.-Pierrele-Portier sîemble indiquer que \\ s'éleva jadis une 'des portes de la ville. En même temps, les Rouennais resserraient le lit de la Seine.
La tradition rapporte que le fleuve venait jadis battre les murs de la Cathédrale; il avait alors , avec lé même volume d'eau que de nos jours, beaucoup de largeur et peu de profondeur ; il présentait le caractère errant de tous les fleuves qui ne sont pas contenus par de fortes digues. Le témoignage de Guillaume-le-Breton , historien de Philippe-Auguste , prouve qu'au commencement du xni* siècle les eaux de la Seine remplissaient à fa marée haute les fossés du vaste château des ducs de NoVmaudie '. Le fleuve baignait primitivement, au moins dans les grandes: marées , le terrain où
1 Gui llau m e-Ie- Breton, Philippéide, ap. Script, rer. #*//., XVII,
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Ton a tracé la rue aux Oues ou aux Oies, qui s'est transformée en rue aux Ours; il enveloppa/7 File Saint-Eloy et couvrait le Pré de la Bataille, dont le nom rappelle encore la victoire de Guillaume-Longue-Epée sur Riulf et les seigneurs rebelles du Cotentin1. Les Rouennais, auxquels Louis VIII donna les quais de la Seine, avec per. mission d'en resserrer le cours , forcèrent le fleuve de céder à la ville un terrain considérable où s'élevèrent de nouveaux quartiers. L'ilot de la Roquette, où Rollou avait abordé , disparut; il n'eu resta de trace que dans le nom de St.-Martin-de la-Roquette. Ce fut au commencement du xuie siècle que s'accomplit définitivement cette conquête de riiomme sur le fleuve. Vers le même temps , on traçait au nord de Rouen l'enceinte dite de St. -Louis, que la ville n'a plus reculée depuis cette époque. La porte Beau voisine remplaçait la porte d'Aubevoie. Les portes de Cauchoise et de Martainville indiquent le nouveau développement de la cité à l'ouest et à Test. Atteignit-elle, dès-lors, le terrain où s'élevèrent plus tard la porte St.-Hilaire et la tour du Colombier, ou bien s'arrêta-t-elle quelque temps à la rue Coquereaumont ( rue des Capucins) et à la Croix-de Pierre ? C'est un point douteux, dont l'examen
1 Voyez Uvmv I , rntroilurtion , p. xli\ .