‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 21 sur 238 · CHAPITRE TROISIÈME, i · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME, i

étaient forcés, à la vérité, d'y faire la déclaration des marchandise» qu'ils voulaient transporter par Seine; mais elles ne payaient aucun droit, pourvu que ta bourgeois jurât que les denrées lui appartenaient bien réellement; en cas de fraude, les marchandises étaient confisquées. Les hommes de la franchise de Rouen, comme dit la Coutume de la vicomte de l'Eau, étaient aussi exempts de tout impôt pour les vins ou autres denrées qu'ils faisaient apporter dans cette ville. Malgré les privilèges qu'on leur accordait, les bourgeois trouvaient l'autorité du vicomte de l'Eau exorbitante. Seul juge de tous les crimes et délits relatifs à la navigation de la Seine, ayant seul Je droit de prononcer sur les voleurs ar» rê tés au jour du marché , pouvant pénétrer chez tous les marchands pour vérifier les poids et mesures , et citer les bourgeois et le maire à son tribunal, entoure de sergens et de la corporation privilégiée des bremens, qui avaient exclusivement le droit de porter les marchandises débarquées sur les quais, ce magistrat exerçait une autorité que la Commune supportait avec peine. Plusieurs de Ces droits étaient, il est vrai , contestés, et un procès pendant devant l'Échiquier tendait à les enlever au vicomte de l'Eau; mais la solution se fit attendre jusqu'en i359, et, dans cet intervalle, le magistrat royal continua d'exercer sa juridiction. Les sergens même h. 4

00 COMMUNE DE ROUEN. IIe PARTIE.

de la vicomte de l'Eau , prélevaient des droits considérables * ; mais, si leurs fonctions étaient lucratives, elles étaient peu estimées, et on avait même voulu les assimiler à celle du bourreau. Ainsi, en 1 3 1 *i , comme il y avait à Rouen plusieurs gens condamnés à être pendus et que le bourreau était mort, le bailli, Pierre de Hangest , prétendit foncer les sergens du vicomte de l'Eau à faire l?office de bourreau. Ils s'y ^fusèrent positivement, déclarant qu'ils étaient sergens du roi, et qu'ils avaient lettres de leur office, marquées du sceau royal . Le maire Jacques du Chatel , son frère Robert du Chatel, et un autre bourgeois qui remplit plus tard les fonctions de maire, Vincent Michel, intervinrent dans la querelle , et parvinrent à l'apaiser. Dans la suite , les maîtres de l'Échiquier décidèrent que les sergens du vicomte de l'Eau ne seraient pas tenus de remplir l'office de bourreau, mais que , si l'on manquait d'exécuteur des hautes œuvres, ils devraient en aller chercher un, quelque loin que ce fût*.

Parmi les officiers royaux souvent en lutte avec la Commune, il ne faut pas oublier les Maîtres des monnaies. Il existait à Rouen, depuis l'époque

1 Voyez, dans les Coutumes de la vicomte de l'Eau, le chapitre des Amendes et forfaitures auxquelles les sergens ont part.

2 Coutumes de la vicomte de F Eau.

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