CHAPITRE TROISIÈME
de Charles-le-Chauve * , un hôtel des monnaies qui ne relevait que du roi et des officiers qu'il y avait préposés. De tout temps , les ouvriers de cet hôtel avaient joui de grands privilèges. Leurs franchises inspiraient de la jalousie aux bourgeois; mais, comme les Rouennais tenaient à leur hôtel des monnaies, ils ne se plaignirent point , sous ce règne, des franchises des monnayeurs. Philippe de Valois les confirma par une charte datée du mois d'avril i337. Le prince rappelait d'abord l'importance des monnaies3, les services auxquels sont astreints les monnayeurs, qui ne peuvent se livrera aucun autre métier; puis, il les déclarait exempts de toutes tailles, coutumes, péages, hosts et chevauchées (services militaires); ils n'auraient point d'autres juges que les Maîtres des monnaies , sauf dans les trois cas de larcin, rapt ou meurtre.
Les hôpitaux de Rouen obtinrent aussi de grands privilèges sous le règne de Philippe de Valois. Il y avait , dès cette époque , plusieurs maisons des pauvres dans Rouen ou aux environs. Les plus considérables étaient l'hôpital du roi , dans la rue Saint-Ouën (aujourd'hui rue de l'Hôpital ) ; la Ma-
1 Script, rerum galftc, VII, 657.
3 « Car sans monnoye ne pourrait le monde estre gouvernez ne faire droicte égalité à chacun de ce qui est sien. » Arctaiv. municipales , tir. 90 , n° 1 .
deleine r près de la Cathédrale, sur la place de la Galendei l'Hôtel-Dieu, près de Saint-André->hors- Ville (quartier Cauchoise,) Aux environs de la ville j s'élevaient deux léproseries , lune pour les hommes , au Mont-aux-Malades , l'autre pour les femmes* à Saint-Julien; cette dernière s'appelait laSat/c-aux-Pucelles. La Commune de Rouen avait été plus d'une foison lutte avec ces maisons privilégiées, qui refusaient de reconnaître l'autorité du maire. Au commencement du xive siècle, elle avait forcé l'Hôpital du roi de se soumettre à la jnrtdiction de ce magistrat J ; mais elle n'attaqua pas. les nouveaux et importuns privilèges que Philippe de Valois et, son fils accordèrent aux hôpitaux de Rouen. Le premier exempta d'impôts 'les frères de la Madeleine, et dispensa toutes les cures qui en dépendaient * de payer la dîme,' Il leur accorda la permission de faire paître librement leurs troupeaux dans les forêts, royales3. ' Jean du Moustièr, maîjtre des Eaux et Forêts, voulut s'opposer à l'ancien privilège qu'avaient les frères de la Madeleine de prendre, dans la forêt royale de Rouvray, trois cents charrettes de bois tous les ans.
1 Voyez Histoire de la Commune , première partie ,,. Pièce* justificatives, p. 314 et suivantes.
Archives municipales, reg. j-8- , f° 207 verso et 208 recto. Ibidem , f° 207 recto.