CONCLUSION
nité nationale, que devenait la grandeur de la Vance? Il ne faut donc pas regretter les libertés ocales qui furent sacrifiées à la prospérité du pays, et l'histoire doit reconnaître qu'à la fin du xive siècle les Communes n'étaient plus qu'un obstacle à l'unité de la France, sans utilité réelle pour la bourgeoisie.
Il y aurait cependant de l'ingratitude à oublier les services qu'elles rendirent pendant trois siècles. Si l'on veut s'en convaincre, il suffit de se reporter aux temps qui ont précédé l'organisation de notre Commune, et de se demander quelle eût été alors la situation d'un bourgeois de Rouen. Six siècles plus tôt, vers 58o, à l'époque où l'histoire de notre ville commence à prendre un caractère de certitude, il eût pu naître serf de quelque leude, d'un de ces barbares qui habitaient Rouen, et que Grégoire de Tours appelle les seigneurs francs; et alors quelle dure servitude eût pesé sur le malheu reux! La différence de race et de langue, la brutale domination du barbare qui ne connaissait que le droit de la force, et s'abandonnait à ses passions effrénées, donnaient le caractère le plus odieux à cette oppression du Gallo-Romain par le Germain victorieux. Le comble du bonheur, pour une//<zi)i, dans ces tristes époques, était d'être vassal de l'église, serf du chapitre ou de la riche abbaye de Saint-
tmiMiAL lit: nou-x n- paiitîe
FSerre ( Saiut-Ouën ). Tel fut, pendant si * sièHes, le sfirt des lînhîtotiti «le Rouen, PalteniaTive entre Pcsclnvage féodal et l'esclavage t*c o ! cr.s i a st i (ju e * Quelques pau vresmurclumds, jouet de l-'itfsoreACti îles vainqueurs, n'étaient pas les moins misérables. La destinée des Roncnnais devint encore plus triste lorsque l'invasion des Normands livra la ville aux flammes, et fit peser la plus dure servitilde sur les âmes comme sur les corps. Deux fuis, à la lin des xc et xie siècles , les vitainx tentèrent de briser leurs chaînes, mais ils en furent mollement punis. La Commune seule, en unissant l« forées des Hou en nais, et en leur donnant une organisation régulière , triompha de la tyrannie froilalc, et ïissnra rindépendance de la bourgeoisie Cette constitution munit ipale a donc eu une influence décisive, immense, sur les destinées de notre ville , et elle a mérité que le souvenir de tant de services fût conservé par l'Histoire.