‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 44 sur 238 · CHAPITRE SIXIÈME. 1528 — 1540. lOi · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. 1528 — 1540. lOi

mt$saire& royaux donnèrent ensuite aux drapiers uii nouveau règlement plus raisonnable. Un certain temps d'apprentissage était imposé à tous le& drapiers sans distinction ; puis , quand ils - voulaieut passer de la graude draperie à l'œuvre /rayée, où réciproquement -, ils étaient tenus de faire un demiapprentissage.* Enfin , les produits de chaque corporation devaient être soumis à l'examen dès gardes du métier ou bougonneurs , comme on les appelait alors, et ceux-ci prononçaient leur jugement dans un délai qui ne pouvait pas excéder vingt-huit jours. La nouvelle ordonnance fut promulguée le 4 juillet i35o, parle duc Jean, qui était alors à Rouen , et il la ratifia Tannée suivante, eu qualité de roi de France ' .

Ce ne fut pas la seule querelle qu'excitèrent les prérogatives exorbitantes et le monopole des corporations. Dès cette époque commence une lutte violente entre les forains ou étrangers , et les anciens bourgeois. Il s'était formé , autour de Rouen, de petites colonies de drapiers, àDarnétal, à JLouviers et à Ëlbeuf , colonies qui devaient un jour absorber le commerce de la métropole , au moins pour cette branche d'industrie. La guerre les chassa de leur pays. Louviers, surtout* avait cruellement

1 Ordonnances des rois de France , II , 396 et suivantes.

109 COMMUNE DE ROUEN, IH PAtUfi.

souffert : a C'était , dit Froissait! ' ,■ une ville dérable, riche et marchande , où il y avait grande abondance de draperie; les Anglais y entrèrent et s'en emparèrent sans peine, car elle n'était point fermée. Ils la pillèrent et y amassèrent ile grande* richesses. » Beaucoup de malheureux babitansy chassés de leurs maisons, et craignant le retour de semblables calamités, cherchèrent un asile dans Rouen, ville forte et bien fermée que les Anglais n'avaient osé attaquer. Ils voulurent soutenir leur famille en se livrant à leur industrie, mais ils furent mal accueillis. Les Rouen nais craignaient la concurrence, et ils voulaient maintenir leur mono* pôle. L'esprit des corporations était si exclusif, que les marchands de Rouen auraient volontiers chassé ces malheureuses victimes de la guerre. Il fallut que la protection royale les défendît contre la jalousie des bourgeois. Nous verrons , dans la suite, Chartes V prendre hautement ces forains sous sa sauvegarde, et les maintenir dans Rouen V

II y avait j dans le sein même de la cité , d'autres corporations privilégiées, qui excitaient T à plus juste titre, l'inquiétude de la Commune. C'étaient les corps ecclésiastiques, qui, comme le chapitre et l'abbaye de Sàint-Ouen , étaient investis de pou*-*

1 Chroniques de Froissant, Iiv. I, partie I, chap. 273. 9 Ordonnances des rois de France , VI , 462 et 463.

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