‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382Chapitre 43 sur 238 · CHANTRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHANTRE SIXIÈME

sortir de la ville et d'entrer cfn campagne, ils étaient indemnisés. par ia Commune, et avaient trois sous de solde par jour( environ 3 francs de monnaie actuelle ), leur capitaine cinq sous (environ 6 francs). JSÀ un arbalétrier, sans un motif valable et sans autorisation du maire ou du capitaine ^ n'obéissait pas À cet ordre, il était à tout jamais privé de son office, ou payait une amende fixée par le maire et les pairs.

Ainsi soumis à l'administration municipale, et astreints à un service pénible, les arbalétriers continuèrent de jouir de tous leurs privilèges. Le maire , de concert avec le conseil des pairs et des prwd hommes de ia Commune, les déclara exempts d'impôts , excepté de ceux qu'on lèverait pour les fortifications de la ville, l'arrière-ban et la rançon du roi. Les arbalétriers formaient, comme presque toutes les corporations, une confrérie religieuse; leur patron était saint George. Us avaient une chapelle spéciale dans l'église dédiée sous l'invocation de ce saint. La tour Malsifrote, qui faisait partie du rempart occidental de la ville, était le lieu consacré à leurs exercices militaires.

Souvent les corporations étaient troublées par des jalousies et des querelles intestines. La principale corporation de Rouen , celle des drapiers , nous en fournit une preuve sous ce règne. Elle se par-

iOO COMMUNE DE ROUEN. !!• PARTIE.

tageait en plusieurs subdivisions; il y avait, entre autres, les drapiers (Sl œuvre rayée, et la grande draperie unie. Les premiers prétendaient que leur travail demandait plus d'habileté e{ un. plus long apprentissage, et, en conséquence, ils voulaient interdire aux maîtres de la grande draperie de faire des draps rayés. Le maire, Robert Le Maître, adopta cette idée , et consacra le monopole . dés maîtres de draperie rayée. Mais son ordonnance fut attaquée avec une grande vivacité par les autres drapiers. Us s'adressèrent au duc de Normandie, Jean, qui ordonna à ses commissaires d'examiner la question, sans toutefois pré/adicier à f autorité du maire*. L'examen fut long et approfondi; car il s'agissait de la première corporation industrielle de Rouen. Le chancelier de France , Pierre de la Forêt, archevêque de Rouen , Pierre d'Orgemont , qui fut plus tard revêtu de la dignité de chancelier, et un grand nombre d'autres personnages éminens, prirent part aux délibérations. Us consultèrent les statuts des plus célèbres corporations de drapiers, telles que celles de Malines et de Gand, et trouvèrent que le règlement du maire et le monopole qu'il consacrait en faveur de la draperie rayée étaient contraires à tous les usages. En conséquence, l'ordonnance de Robert Le Maître fut annulée. Les coni- 1 Ordonnances des rois de France t II, 396 et suivantes.

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