CHAPITRE SEPTIÈME
F*<hi à peu, restreint les droits temporels du clia- £^itre à la juridiction de taitre et des maisons capi- ^ulaires, et, même, plus d'une fois, les sergens du Knaire avaient pénétré dans ces lieux privilégiés ^pour y saisir des coupables et les livrer à la justice séculière. Mais, même après ces victoires, il y avait trop de points de contact entre la Commune et l'autorité ecclésiastique, établie au centre même de la cité, pour que les luttes ne se renouvelassent paa -presque chaque jour. En s'étendant, la Commune avait rencontré de nouvaux corps privilégiés, dont les prétentions paraissaient incompatibles avec ses .franchises. Là, s'élevait l'abbaye de Saitit-Ouen, dans toute sa puissance , sous le gouvernement de l'abbé Marc-Dargent1* qui a tracé le plan et commencé la construction de la magnifique basilique qu'on admire encore de nos jours. Plus loin , h Saint- Gervais, l'abbaye bénédictine de Fécamp prétendait à des privilèges que repoussait le Commune. À Saint-Sever, les Bénédictins du Bec avaient la haute juridiction sur la foire de Notre*Dame-du- Pré et molestaient souvent les bourgeois de Rouen. - La Commune tint tête à toutes ces riches et puis-
1 Cet abbé était d'une ancienne famille municipale ; on trouve plusieurs pairs du nom de Marc-Dargcnt dans le xin« siècle. — Voyez la Liste des pairs de la Commune, au commencement du un* siècle.
sautes abbayes ; elle ne céda même pas à l'archevêque de Rouen, et maintint contre lui -ses droits et ses privilèges.
Une lutte très vive s'engagea entre l'archevêque et le maire de Rouen, en i335, lorsque le siège archiépiscopal était occupé par un cita prélat* les plus célèbres de l'époque , le cardinal Pierre Roger, qui , quelques années plus tard, de vint, pape aoua le nom de Clément VI. Dès cette époque, U jouissait d'un grand crédit auprès du roi, et assistait fréquemment à ses conseils V Ce fut à ce puissant prélat que la Commune osa résister. Il voulait forcen le maire à prêter son appui pour arrêter le» dçiçft que poursuivait l'autorité ecclésiastique. Le doye* de la chrétienté, qui remplissait les fonctions! dû, ministère public près là cour d'Église % ordonna a Robert du Châtel le jeune* alors maire de Roueu, de faire saisir plusieurs clercs, et, entte autre?,» Gilles Canut. Gomme le maire s'y refusait , le doyen le menaça, s'il s'obstinait dans sa désobéissance ï l'Église, de le frapper, des ceosufes canoniques* et même de l'excommunication2; mai* : Robert du Châtel répondit qu'il n'était nullement obligé
1 « Erat autem regalibus negotiis fréquenter assistent » Ckron. mscr. S, Laudi , apud Chronic* triplex et unum , f ° 116.
2 « Die tu m majorera raonuerat sub pœnA cauonicà. * Archiv. municip., rcg. DD , f° 43, recto et verso.